Nos images innées

Aller au contenu

Nos images innées

Enfance et Parentalité
Publié par Pascal Patry dans Astrologie psychologique · 17 Août 2021
Tags: Astrologie
L’astrologie psychologique et nos images innées.

(…) une croyance. Il n'est rien de plus puissant sur l'âme. Une croyance est l'œuvre de notre esprit, mais nous ne sommes pas libres de la modifier à notre gré. Elle est notre création, mais nous ne le savons pas. Elle est humaine, et nous la croyons Dieu. Elle est l'effet de notre puissance et elle est plus forte que nous. Elle est en nous ; elle ne nous quitte pas ; elle nous parle à tout moment.
Si elle nous dit d'obéir, nous obéissons ; si elle nous trace des devoirs, nous nous soumettons.
L'homme peut bien dompter la nature, mais il est assujetti à sa pensée.

Fustel de Coulanges, la Cité antique, p. 149.

Le thème natal ou ciel de naissance peut nous aider à explorer nos expériences, nos traumatismes et nos difficultés traversées durant l’enfance. Cette recherche est intéressante d’autant que nos expériences de vie d'aujourd'hui se relient toujours à notre vécu antérieur.

A l’évidence, des résonances inconscientes restent à tous moments présentent dans notre vie du sentiment, consécutivement à certains antécédents plus ou moins douloureux de notre histoire.

Personne en effet, n’oublie une injustice ou une humiliation par exemple. Mais, comme chacun sait, il y a d’innombrables autres sentiments qui peuvent traverser l’âme d’un enfant. Se pencher sur la réalité du présent permet donc de clarifier le passé resté dans l'inconscient et ainsi lever les "blocages".

Notre résilience [possibilité de lever ces blocages], notre capacité à faire face aux tensions, aux conflits, aux dangers perçus à l’intérieur de nous ou dans le monde extérieur, mobilise 2 types d’opérations mentales, les mécanismes de défense et les processus de coping.

Les mécanismes de défense sont des processus mentaux automatiques [déni, clivage, introjection, idéalisation, formation réactionnelle, déplacement, etc.], qui s’activent en dehors du contrôle de la volonté et dont l’action demeure inconsciente. Au contraire, les processus de coping, mot traduit en français par stratégies d’adaptation ou processus de maîtrise, sont des opérations mentales volontaires par lesquelles nous choisissons délibérément une réponse à un problème interne et/ou externe.

Les mécanismes de défense ont été découverts par la psychanalyse et occupent une place importante dans les théories et les thérapies psychanalytiques.

Les processus de coping ont été étudiés par les méthodes de la psychologie scientifique et font actuellement l’objet principalement de l’intérêt des psychologues de la santé et des thérapeutes cognitivo-comportementalistes qui leur accordent une place importante dans leurs théories et leurs thérapies.

Dans cette exploration du passé par le thème natal, laquelle permet de comprendre l'endroit où certains blocages se sont installés, il ne s’agit pas de se complaire et de se focaliser, sur ce que selon nous, notre mère ou notre père nous ont faits.

Le retour en arrière vers nos premières expériences de vie doit nous aider à mieux comprendre le présent et à progresser dans notre vie actuelle, et non à trouver des coupables qui seraient à l’origine de nos inconforts de vie.

Avant d’aborder le point de vue de l’astrologie psychologique sur nos images innées, il faut établir une distinction fondamentale entre la manière dont beaucoup d’écoles de psychologie traditionnelle envisagent les expériences de l’enfance, et celle dont l’astrologie psychologique considère les événements du début de la vie.

En effet, certains courants de la psychologie traditionnelle pensent que l’enfant que nous sommes à la naissance est une page blanche sur laquelle vont s’inscrire ensuite nos différentes expériences.

Cette pensée issue de la psychologie postule que la manière dont on nous a traités dans l’enfance constitue l’origine de certains patterns ou « scénarios » qui déterminent ensuite l’image que nous avons de nous-mêmes et par extension l'être que nous allons devenir plus tard dans la vie.

Tant sur nous-mêmes que sur la vie en général, les diverses expériences de l'enfance nous amènent à tirer certaines conclusions (dans notre pensée) ou à adopter certaines attitudes (dans nos comportements), qui découlent de ce que l'on pourrait appeler des « opinions existentielles ».

Si, par exemple, notre mère ne s'est pas montrée très experte pour s'occuper de nous [en référence à la mère "suffisamment bonne" : notion théorisée par Donald Winicott], il se forme alors un pattern, une présomption, ou une opinion sur la vie qui nous dit quelque chose comme : « le monde n'est pas un lieu très sûr pour vivre » ou « ceux dont j'ai besoin me laisseront tomber ».

Ou si, à trois ans, nous voyons notre père claquer la porte et disparaître en abandonnant la famille, nous allons penser « qu'on ne peut pas compter sur les hommes », ou même « je suis si mauvais-se que je fais fuir les gens ».

Les premières expériences nous marquent donc très profondément.

Ce qui se produit au début de notre vie s'imprime au plus profond de nous-mêmes. Ces impressions se fixent la plupart du temps dans notre inconscient et ne laissent aucune trace dans notre souvenir. Mais elles donnent naissance à des attentes et des convictions selon lesquelles nous continuons à percevoir et à organiser notre expérience de vie.

Cela signifie que la manière dont nous voyons et apprécions le présent est conditionnée par ce qui s'est produit dans le passé. C'est ce que l'on considère quelquefois comme le « déterminisme psychique ».

Tout événement ou phénomène mental particulier est associé à des circonstances chronologiquement antérieures.

Même un fantasme sur un événement passé peut déterminer la manière dont nous interprétons le présent ; il n'est pas nécessaire qu’il se soit réellement produit. Donc si nous croyons que nous avons fait fuir notre père, alors qu'en réalité il est parti pour de tout autres raisons, ce fantasme initial continuera à influencer nos attentes ultérieures.

Plus tard dans la vie, nous sélectionnerons nos perceptions, ne remarquant en toutes circonstances que ce qui vient corroborer nos suppositions et nos convictions. Il nous sera alors impossible de voir ce qui ne correspond pas à nos attentes.

Si plus tard dans la vie, nous voyons notre patron sortir du bureau, claquer la porte et disparaître, nous sommes émotionnellement ramenés à notre histoire passée [sans possibilité de faire un lien conscient avec le passé dans la pensée].

La réalité, c'est que nous serons surtout ramenés aux archétypes qui créent notre vie intérieure [notre ciel de naissance], comme nous allons le voir.

Et le sentiment qui peut nous traverser dans la situation évoquée est que nous sommes un mauvais employé et que nous avons fait fuir notre patron, alors qu'en réalité il est parti pour de tout autres raisons ! ... Ces raisons que nous avons refoulées dans notre inconscient, parce que pendant l'enfance elles étaient douloureuses.

(Entre le père qui claque la porte à l'âge de l'enfance et le patron qui fait de même à l'âge adulte, il y a un rapport symbolique. Ce symbole se trouve dans la carte du ciel).

Quelqu’un a dit un jour : « La vie nous donne ce que nous en attendons. »

Bref, nos attentes conditionnent notre expérience de la réalité, qui en retour renforce nos convictions initiales.

L’astrologie psychologique envisage le fonctionnement psychique humain d’une manière légèrement différente de celle de la psychologie classique.

Au lieu de nous considérer à la naissance comme une simple page blanche et de croire que ce que l’on nous a fait dans notre enfance est à l’origine de nos opinions sur la vie et sur nous-mêmes, l’astrologie psychologique estime que nous possédons déjà à la naissance une prédisposition innée qui s’attend à voir se produire certaines choses.

Plus que le conditionnement de l’enfance, c’est notre propre nature intérieure, telle qu’elle apparaît dans les configurations de notre thème de naissance, qui nous prédispose à percevoir l’expérience d'une certaine manière.

Au cours de notre enfance, certaines attentes archétypiques innées vont structurer ce que nous filtrons de notre expérience.

C’est pourquoi Carl Gustav Jung a dit que tout ce qui ne nous arrive pas à la lumière de la conscience (c'est-à-dire notre vie archétypique interne : ce que "dit" symboliquement notre ciel de naissance), eh bien cette "obscurité", cette inconscience, ce manque de "lumière" nous arrive de l’extérieur sous la forme d’un destin.

C'est-à-dire que la vie extérieure, dans notre rapport à elle, forme un vécu qui cherche à nous parler de notre vie intérieure archétypique. Nous sommes donc les créateurs de notre vie extérieure et de ce que nous apprenons sur nous.

Et cela est vrai pour nous tous dans nos multiples interactions.

On peut pressentir ici la manière dont nous sommes tous, pour reprendre un terme de physique quantique : "intriqué". En biologie l’intrication se dit de fibres qui se croisent et se recroisent entre elles.

Les vies humaines sont complexes, entremêlées. On pourrait ici parler de karma, notion sur laquelle je reviendrai.

Mais voyons tout cela de plus près du point de vue astrologique.

On peut définir un archétype [une planète du thème astral] comme la représentation mentale d’un instinct. Les êtres humains existent depuis très longtemps, depuis des éternités, et les processus d’évolution ont bâti et structuré dans nos psychés certaines attentes se transmettant de génération en génération et constituant une sorte de « sagesse de la cellule ».

Nous nous attendons, à la naissance, à ce qu’il y ait une mère ou, à un niveau encore plus élémentaire, un sein.

Même dans le ventre de notre mère, nous sommes dans l'attente d’un sein, car tout cela est inscrit dans la mémoire de nos cellules, comme l’attente d’un père, et celle de la croissance et de la mort. Toutes ces images sont présentes en nous, avant même que nous en fassions véritablement l’expérience.

Nous avons tous à la naissance une image de chaque archétype : une image de la mère [Lune], une image du père [Soleil], une image de la naissance, une image de la croissance, une image de la mort, etc.

Mais les images de ces phénomènes archétypiques sont légèrement différentes pour chacun d’entre nous et montrent une grande diversité. C’est cette diversité qui s’exprime dans le thème astral de chacun-e.

La Lune en astrologie concerne la mère, et comme nous avons tous la Lune dans notre thème natal, nous avons donc à la naissance une image de la mère, avant même de la rencontrer effectivement.

La nature de cette image archétypique, c'est-à-dire le type de mère très précis à laquelle nous nous attendons, est montrée par la position en signe de la Lune et les aspects qu’elle reçoit dans le ciel natal.

De la même manière, nous avons dès le départ le sentiment qu’il va y avoir un père. Comme tout le monde, nous avons dans notre thème le Soleil, que l’on peut considérer comme le symbole du père. La position en signe et les aspects du Soleil vont décrire avec beaucoup de précision notre image innée du père.

N’oublions pas que la perception est fonction de l’attente et que le contenu est fonction du contexte. Ce que nous nous attendons à voir va influencer notre manière de percevoir ce qui est effectivement là.

Les images et les archétypes innés organisent et structurent notre expérience. Ainsi, avec un trigone Lune-Jupiter, nous associerons à notre mère une attente innée d’abondance et d’expansion. Comme c’est ce que nous nous attendons à voir, notre perception va être sélective, et nous aurons tendance à remarquer plus facilement les fois où elle se montre généreuse, expansive et jupitérienne, plutôt que celles où elle va être froide et répressive.

Mais si nous naissons avec une conjonction Lune-Saturne, nous nous attendons à des difficultés ou de la froideur auprès de notre mère, et cette impression innée nous fera prêter davantage attention aux fois où elle se conforme à ce portrait, en négligeant celles où elle agit autrement.

Nos croyances se fondent sur ces images archétypiques innées dont le thème natal est représentatif.

Voici quelques exemples de façon caricaturale, car dans la vie c'est beaucoup plus subtil :

Dans le rapport de Vénus à Neptune et selon les aspects de ces deux planètes dans un thème, la croyance peut-être : « Un jour mon Prince viendra » ou « Ma vie amoureuse est un échec ; ça ne marchera jamais, soit que ceux que j’aime ne m’aiment pas, soit qu’ils ne sont pas libres. C’est une fatalité », ou encore « C’est beaucoup plus passionnant quand une relation est compliquée ou impossible ».

Dans le rapport de Vénus à Uranus et selon les aspects de ces deux planètes dans un thème, la croyance peut-être : « ça passe ou ça casse » ou « la routine tue le couple », ou encore « il ne me comprend pas, donc il ne m’aime pas ».

Dans le rapport de la Lune à Saturne et selon les aspects de ces deux planètes dans un thème, la croyance peut être : « Aucun amour n’égalera jamais celui d’une mère » ou « si seulement ma mère m’avait aimé… », ou encore « personne ne m’aime ».

Autant de croyances produites dans la pensée et la vie du sentiment se traduisant dans la vie par des comportements, lesquels comportements viennent généralement renforcer la croyance de base.

On comprendra qu'un astropsychologue pourra, par l'étude de la structure du ciel de naissance, avoir rapidement accès aux informations archétypiques d'une psyché et pourra d'autant mieux guider son consultant vers la prise de conscience et la résolution d'une éventuelle problématique.


Pascal Patry
Praticien en psychothérapie
Astropsychologue
Psychanalyste






Mentions légales
Retourner au contenu