Approche et méthode thérapeutique des problématiques évolutives

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Approche et méthode thérapeutique des problématiques évolutives

Enfance et Parentalité
Publié par Pascal Patry dans Psychothérapie · 24 Août 2021
Tags: Psychothérapie
 
Approche et méthode thérapeutique des problématiques évolutives

Nous sommes tous confrontés dans la vie de tous les jours à la nécessité évolutive.

En effet, les circonstances de vie dans lesquelles nous sommes insérés se chargent de nous appeler à certains moments, par diverses crises, au meilleur de nous-mêmes afin de trouver en nous les moyens de les résoudre.


C’est ainsi, que petit à petit notre « Je » grandis. N’oublions pas l’étymologie grecque du mot « crise » qui est krisis et qui signifie : décision. C’est donc une décision qui est appelée par une crise. Or, une décision est un acte qui provient de la volonté, laquelle siège dans le « Je ».

Un dicton zen nous rappelle l’importance de l’action volontaire du « Je » :

« Le problème que tu vois dans la vie, c’est une façon de faire qui fasse disparaître le problème ».

Or, nous n'avons pas toujours les moyens de faire ce qu'il faudrait.

Il en va par exemple, du manque de confiance en soi qui va devoir laisser la place à plus d’assurance si les conditions de vie le demandent (entretien d’embauche, etc.). La prise d'assurance dans ce cas est préférable à une anxiété, voire une symptomatologie plus invalidante encore comme un état dépressif.

Autre exemple, le besoin de tout contrôler va devoir laisser la place au lâcher-prise si les conditions de vie le demandent (deuil, séparation, etc.) et ainsi de suite. Inutile d’énumérer toutes les situations et circonstances de vie, chacun sait qu’elles sont nombreuses et variées.

Nous sommes donc appelés à régler un certain nombre de problèmes qui se posent à nous. Ces problèmes peuvent se présenter dans différentes sphères de l’existence : familiale, professionnelle, intime, amicale, financière, etc.

Ces crises de la vie sont consécutives « à la vie qui change », « à la vie qui évolue », et elles sont vécues selon chacun en fonction de sa psychologie globale, mais aussi de sa spiritualité, c'est-à-dire de la conception que chacun a des choses et du monde.

Les raisons qui fond qu’une crise est plus ou moins bien vécue ne sont souvent pas des raisons faciles à déterminer, car le "Je" est difficile à cerner dans ces moments difficiles. Le « Je » est par ailleurs une entité en cours de formation, elle arrive tout le temps à chaque instant.

Jacques Brel nous le rappelle : « J’arrive, j’arrive, n’ai-je jamais rien fait d’autre qu’arriver ».

Lorsque l’on étudie la psychiatrie par exemple, on s’aperçoit que les domaines qui sont pris en compte, comme sources des problèmes et des crises, se résument au domaine de la vie psychologique (le vécu), au domaine de la vulnérabilité génétique (la constitution corporelle) et au domaine de l’environnement psychosocial (l’univers social culturel dans lequel on évolue). Il n’est pas question en psychiatrie d’aborder les problèmes selon la vie spirituelle.

Par ailleurs, pour élucider les problèmes et les crises, on se focalisera en psychanalyse sur la façon dont les différents stades de l’enfance ont été traversés par un sujet ; le stade oral, le stade anal, le stade phallique, la période de latence, etc. Sans omettre d’inclure dans l’analyse les deux topiques freudiennes : l'Inconscient, le Préconscient et le Conscient pour la première topique et le Ça, le Moi et le Surmoi pour la seconde topique. (Une topique est modèle théorique proposé par Freud afin de représenter le fonctionnement psychique). Mais, la encore, pas question d’aborder l’angle de la spiritualité.

Or, lorsqu’une personne est confrontée à une problématique, elle ne perçoit pas les choses sous l’angle de la psychiatrie ou de la psychanalyse ou même de tout autre courant « psychologique ».

D’abord parce qu’elle n’en a pas forcément la connaissance (qu’il s’agisse de psychologie ou de tout autre courant), ensuite parce qu’elle se trouve souvent en souffrance et n’est pas capable de réfléchir et d’analyser les choses à froid, et enfin parce qu’un être humain ne se résume pas aux théories des différentes chapelles. En effet, il est difficile en tant qu’être sensible, de se retrouver dans toutes les théories, qui à ce jour, ont tenté de cerner le pourquoi des problèmes des Hommes.

La raison est simple : l’être humain est plus qu’un être « psychologique », c’est aussi un être spirituel.

Et comme l’être humain est un être sensible et spirituel, il ne peut être guéri que par la compréhension sensible et spirituelle d’un autre être humain. Car, ce qui est inhérent aux profondeurs de l’être humain ne peut pas être théorisé.

Ce qui fait que ce qui se passe dans une relation et dans une relation thérapeutique en particulier est beaucoup plus riche et subtil pour qu’une théorie puisse en faire le tour.

C’est pourquoi c’est la relation thérapeutique, comme son nom l’indique, qui est thérapeutique, et non la théorie.

À ce propos Jacques Lacan disait :

« On pourrait dire, pour la psychanalyse, que le savoir la rend utile, mais l’oubli du savoir la rend efficace ». Cité par Paul Montangérand, ex-président de la société internationale de psychanalyse de Genève dans son ouvrage « Ballade pour un jeune thérapeute ».

Voilà par une vue d’ensemble, l’approche des problématiques évolutives. Cette approche se fonde sur la théorie telle qu’elle est enseignée à l’université dans les diverses disciplines. Plus les connaissances universitaires (livresques) seront le bagage du thérapeute, plus ce dernier sera à même d’identifier les problématiques que ces patients rencontrent. À quoi se rajoute la dimension spirituelle.

Parler de spiritualité demande à être clarifié.

En effet qu’entend-on par spiritualité ?

Ce que j’ai retenu comme approche la plus appropriée pour parler de spiritualité est la question qui un jour a été posée à Rudolf Steiner et qui est relatée par Serge O. Prokofieff dans son ouvrage « Et la Terre devient Soleil » :

À la question : « Comment pouvait-on savoir si l’on avait commencé à faire des recherches spirituelles (travail spirituel). Rudolf Steiner répondit en demandant à la personne qui avait posé la question s’il lui était déjà arrivé la chose suivante : en étudiant un sujet anthroposophique, il rencontre une vérité qui l’impressionne particulièrement et qui lui reste présente et vivante en mémoire ; quelque temps plus tard, il rencontre une autre vérité qui l’impressionne pareillement, et en réunissant les deux lui vient la compréhension d’une troisième vérité qui dépasse le contenu des deux précédentes [...] eh bien, à ce moment, lui expliqua Rudolf Steiner, il a eu le premier signe d’une activité de recherche spirituelle. »

Lorsque l’on ramène cette activité de la pensée au travail thérapeutique (réunion des concepts en un concept plus élevé), il paraît évident qu’un événement de vie ramené à la conscience, puis un autre événement de vie lui aussi ramené à la conscience, de telle sorte que les deux souvenirs permettent de comprendre un troisième événement de vie resté inconscient ; que cette activité de la pensée constitue un travail spirituel.

Et ce travail spirituel est la résultante du travail du « Je ». C’est la mise en action de la volonté qui est créatrice de notre « Je » et donc de notre spiritualité. L'acquis de l'activité créatrice dans le "Je", c'est la conscience.

Cette activité volontaire du « Je » est une activité cognitive, et n’a rien à voir avec une quelconque croyance. Que l'acquisition de la conscience dans le "Je" permette par la suite de se sentir en communion avec le reste de l'univers et que ce sentiment donne lieu à un sentiment profondément religieux est autre chose. Que ce sentiment religieux prenne une connotation de croyance, c'est encore autre chose. Ne mélangeons pas tout !

Pour se rendre compte de cette activité du « Je », il suffit de prendre un livre sur un sujet que l’on ne connaît pas et que l’on n’a jamais abordé dans sa vie, et de faire l’effort de le comprendre. Par exemple comprendre la mécanique des fluides ou la mécanique quantique alors qu’on ne connaît absolument pas ces domaines de connaissance. Vous ressentez alors toute la difficulté du « Je » à s’engager dans pareille tâche. Or, c’est le seul moyen pour que notre « Je » devienne plus fort, plus conscient et donc plus spirituel. Pour le dire de façon raccourcie, il a acquis plus d’esprit grâce au sujet étudié. Cela commence par l'école et concerne l'éducation et la pédagogie.

Cependant l’activité cognitive ou la recherche spirituelle d’une personne peut être empreinte d’une ou plusieurs croyances.

Ce n’est que lorsque la pensée est libre et sans préjugés (croyances) qu’elle est la plus juste.

En effet, si j’ai comme préalable dans ma pensée que les gens devraient être comme ceci ou comme cela, je fausse mon jugement et donc ma neutralité. Ma ou mes croyances me trompent à la fois sur le monde extérieur, mais également sur moi-même. Je me perçois moi-même au travers des filtres de mes propres croyances, inconscientes pour la plupart (sinon ce ne seraient pas des croyances).

Cognitif : qui concerne la connaissance. Sciences cognitives : l'ensemble des sciences qui concernent la connaissance et ses processus.

Après ces quelques lignes sur l’approche des problématiques évolutives et une clarification de ce qu’est une activité spirituelle, qu’en est-il maintenant de la méthode et plus particulièrement de la méthode thérapeutique ?

Il a été dit plus haut que c’est la relation thérapeutique, comme son nom l’indique, qui est thérapeutique, et non la théorie.

Le thérapeute, et selon l’explication qui a été donnée sur ce qu’est la spiritualité, en étudiant la théorie psychologique, psychopathologique, psychiatrique, etc., s’est spiritualisé.

En d’autres termes, au cours de ses études sur le fonctionnement humain au travers des différentes théories, en plus d’un travail analytique personnel, le thérapeute a intégré — plus profondément qu’une autre personne n’ayant pas fait tout ce travail —, son propre « Je ».

C’est donc face à un « Je » que se trouve une personne qui vient en consultation.

Dit de façon différente, le consultant a quelqu’un devant lui en la personne du « Je » du thérapeute. Ce quelqu’un, ce « Je » qui momentanément fait défaut à la personne qui consulte — sinon elle trouverait par elle-même la confiance en soi ou la capacité à lâcher prise et elle n’aurait pas besoin de consulter pour que son « Je » grandisse, que sa volonté devienne plus forte, plus courageuse.

Il a été dit que c’est essentiellement l’élément volontaire de la personnalité qui manque souvent à quelqu’un pour dépasser la problématique qu’elle rencontre.

La volonté n’est pas un attribut du « Je », comme un habit que l’on revêtirait. C’est le « Je » lui-même qui est volonté. Il en va de même pour le courage. Le courage n’est pas un gant que l’on enfile pour les besoins du moment. Non ! C’est le « Je » qui est courage. Et la structure du « Je » dépends en grande partie de la façon dont ce « Je » à traversé depuis sa naissance les événements de la vie.

À propos de ce « Je » imprégné de volonté, un dicton zen dit :

« Fais comme si chaque jour un feu faisait rage dans tes cheveux ».

C’est à dire le feu de la volonté, le feu de l'esprit. Mais c'est peine si l’on trouve encore des braises chez les personnes qui souffrent, tant elles sont parfois accablées par les soucis et autres problématiques.

Disons-le d’emblée : tout chemin vers soi entrepris chez un thérapeute est une alchimie qui se produit au cours d’une relation : principalement par la parole et le langage non verbal dans un cadre bien précis : le cadre thérapeutique.

Au cours de cette alchimie, le consultant va se nourrir du « Je » du thérapeute pendant que simultanément le thérapeute va colmater momentanément les faiblesses du « Je » du consultant. Faiblesses ou manque de force qui n’ont pu être développés plus tôt dans la vie.

La théorie nous apprend que c’est le consultant qui sait — même inconsciemment — où il veut aller. La vie qui vient en lui, l’arrivée de son « Je », lui seul en connaît les modalités.

Ce qui fait qu’à terme et au fur et à mesure du travail thérapeutique, le consultant devient aussi volontaire que le thérapeute. Avec son « Je » (la naissance de son « Je » pourrait-on dire au sens littéral), le consultant peut dorénavant mieux affronter les difficultés liées aux nécessités évolutives de sa vie.

On trouve cette « passe d’armes » de l’élément volontaire du « Je », si le terme « passe d’armes » m’est permis, dans les paroles de Karlfried Graf Dürckheim dans son ouvrage « La percée de l’être » :

« La réalité à laquelle le thérapeute ouvre autrui dépend de la réalité dans laquelle il vit lui-même. Ce que le thérapeute prend lui-même à cœur, tant théoriquement que concrètement, est aussi ce qui deviendra important pour ses patients. Seul ce que nous prenons au sérieux devient réalité. Plus notre partenaire entre dans la sphère de notre influence, plus ce que nous prenons au sérieux gagne de réalité, agissant comme un aimant qui ordonne tout autour de lui, ou encore comme un tourbillon qui attire tout à lui. Si réservé et silencieux que soit le thérapeute, sa conception fondamentale de la réalité spirituelle se transfère, qu’il le veuille ou non, au patient et devient toujours davantage son principe d'ordre ».

On peut dire simplement pour synthétiser que le thérapeute dans sa position thérapeutique est lui-même la méthode. Il est lui-même dans son « Je » l’instrument thérapeutique.

En effet, le thérapeute est dans une attitude optimale dans la relation à son âme, il est centré, il s’est enrichi des données théoriques universitaires ainsi que de sa propre analyse ; cette dernière lui ayant permis d’expérimenter dans son propre esprit les mystères, les énigmes, les ressorts et mécanismes du psychisme humain.

Ces acquis sur le plan intime et théorique fond de lui un être à la sensibilité aiguisée avec une grande capacité d’écoute, et il devient ainsi organe de guérison. Sa propre âme, via la parole, le langage non-verbal, les silences, les acquiescements implicites et explicites en cours d’entretien, devient le scalpel avec lequel il va chirurgicalement opérer dans une autre âme.

On retrouve cette action du thérapeute dans ce magnifique témoignage :

Au cours de la dernière séance d'un suivi psychothérapeutique psychodynamique de 3 ans, le patient, un homme de 31 ans exerçant une profession libérale, était silencieux depuis quelques minutes. Puis il regarda son thérapeute et se mit à parler. « Il est difficile de vous dire ce que j'ai en tête aujourd'hui. Je vous suis tellement reconnaissant pour tout ce que vous avez fait. Je n'avais aucune idée de ce qui se passait en moi quand je suis venu vous voir pour la première fois. Tout ce que je savais, c'est que j'étais complètement perdu. Maintenant, pour la première fois de ma vie, je sais réellement qui je suis et ce que j'attends des autres. Je n'étais pas un patient facile. Je vous ai caché des choses pendant longtemps. J'ai joué avec vous pour éviter de me confronter à moi-même. Mais vous m'avez percé à jour, finalement. Vous avez été incroyablement patient et persévérant. Je ne pourrai pas vous remercier assez pour cela. Je vais vous dire quelque chose — même si vous avez peu parlé de vous, j'ai l'impression de vous connaître intimement, et je ne vous oublierai jamais. ». Témoignage tiré de l’ouvrage : Psychothérapie psychodynamique - Glen O. Gabbard

On trouve comme synonyme de thérapeute dans le Grand Robert de la langue française le mot guérisseur, c’est-à-dire une personne qui guérit.

Lorsque le patient dans son témoignage dit du thérapeute qu’il a le sentiment de le connaître intimement, c’est qu’il a lui-même trouvé son intimité la plus profonde. Car cette intimité est ce que nous avons tous en commun, elle touche au principe spirituel de vie et de pensée qu’est notre âme.

Et notre âme est le « Je » volontaire de nature divine dans laquelle nous pouvons puiser force, confiance et foi dans la vie.

En conclusion :

Nous sommes tous sur un chemin d’évolution où notre âme se cherche au travers des expériences et des tribulations de la vie. Sur ce chemin d’évolution, certains êtres sont en avance sur d’autres. Soit parce que les circonstances de la vie ont fait qu’il en soit ainsi, soit parce qu’un travail en profondeur a été mené par force de volonté, soit par vocation comme c’est le cas de la plupart des thérapeutes. Ces différences entre les uns et les autres sont un moteur dynamique d’évolution au sein d’un ensemble d’humains. Si nous étions tous au même niveau, nous n’avancerions guère.

Quiconque chemine vers son âme devient un élément utile à sa communauté. Il insère ses forces dans la dynamique de son époque pour le bien de ses contemporains, car il comprend mieux la vie ; vie qu’il a découverte ou expérimenter au cœur même de son être.

La théorie, bien qu’importante, ne tient pas toute la place dans la construction d’une âme vers son accomplissement. La spiritualité joue un rôle majeur dans le développement de soi.

Les paroles de Carl Gustav Jung, et je terminerai là-dessus, résument bien ce que j’ai tenté de développer ci-dessus :

« Dans les livres, vous pouvez apprendre beaucoup de choses sur la psychologie, mais vous découvrirez vite que cette psychologie ne sert pas à grand-chose dans la vie pratique. Toute personne chargée de s'occuper des problèmes de l’âme devrait posséder une certaine sagesse de la vie, reposant non seulement sur les mots, mais surtout sur l’expérience.

La psychologie telle que je la comprends n’est pas seulement un quantum de savoir, c’est aussi une connaissance de la vie. Si tant est que l’on puisse inculquer une telle connaissance, ce n’est possible qu’à partir d’une expérience personnelle de l’âme humaine et cette expérience ne peut être acquise que par un enseignement personnel, c’est-à-dire individuel, et non collectif.

En Inde, la coutume veut depuis fort longtemps que toute personne quelque peu cultivée ait un gourou, un guide spirituel qui lui apprenne, et à elle seule, ce qu’elle doit savoir. Tout le monde ne doit pas savoir la même chose, et le savoir en question ne peut jamais être transmis à tous de la même façon. C'est là ce qui fait totalement défaut dans nos universités : la relation entre l’élève et le maître.

Et c'est aussi ce dont devraient disposer tous ceux qui, comme vous, souhaitent recevoir une formation en psychologie. Toute personne se sentant une vocation pour guider les âmes devrait d’abord se laisser guider par sa propre âme afin d’apprendre ce que signifie la rencontre avec l’âme humaine. Connaître la face obscure de sa propre âme est la meilleure préparation qui soit pour savoir comment se comporter face aux parties obscures des autres âmes.

La simple étude des livres ne vous servirait pas à grand-chose, bien que ce soit aussi indispensable. Ce qui vous aidera le plus, c’est de pénétrer personnellement dans le secret des âmes humaines. Sans cela tout ne sera toujours qu’artifice intellectuel ingénieux, paroles creuses et discours creux.


Pascal Patry
Praticien en psychothérapie
Astropsychologue
Psychanalyste



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