Émergences des thérapies orientales

Un engouement occidental


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Un réel engouement galopant existe aujourd’hui pour les pratiques ancestrales orientales. En effet, dans notre monde occidental, des centres et écoles de relaxation, méditation, yoga, etc., fleurissent et proposent l’apprentissage ou la pratique d’un grand nombre de techniques de massage, de méditation et de relaxation.


Elles ont toutes pour ambition de créer une perception d’harmonie intérieure. Dans un monde où nombre de nos contemporains rencontrent du stress et autres désagréments systémiques, ces méthodes présentent des vitrines alléchantes. Et lorsque nous y goûtons, il arrive parfois de pouvoir apprécier le plaisir réparateur que procurent certains états de bien-être induits par de telles méthodes.


Hormis le fait que la véritable relaxation participe à une détente profonde, il existe parfois, selon les qualités du praticien-ne une impression, hélas souvent transitoire, de «nettoyage de l’intérieur» avec pour sensation un retour à la paix avec soi et ce qui nous entoure. Ce faisant, à l’instant même un sentiment puissant d’unité intérieure émerge.


Lors de ces diverses pratiques, une personne apprend à expérimenter un moment de tranquillité et de repos qui peut aider à reprendre momentanément des forces. Il découle de cette tranquillité un effet réparateur sur les «blessures d’âme» et par conséquent un regain d’énergie. Naît alors une impulsion qui donne envie d’aller de l’avant.


Si la demande est grandissante, serait-ce parce que l’occident est prêt à affronter les souffrances siégeant dans les méandres de son inconscient? Et ainsi se préparer à accueillir les fondements psychothérapeutiques occidentaux? Où l’occident se laisserait-il leurrer par des pratiques ancestrales, certes efficaces en leur temps, mais auxquelles il manque l’apport des Lumières qu’accompagnent 200 années de travaux sur la psyché humaine? En ce cas, la demande compulsive que nous observons, n’a-t-elle pour seul exutoire, pour régler les problèmes de notre temps, que les propositions faites par un marketing spirituel hautement sophistiqué? La psychothérapie a-t-elle échoué? Est-elle seulement connue? Ou les personnes préfèrent-elles une solution transitoire à une réelle volonté de régler leurs problèmes?


C’est pourquoi nous assistons aujourd’hui à un mode de consommation de ces pratiques spirituelles. Les personnes s’adonnent à des exercices proposés sur certaines applications ou s’abonnent à des centres de bien-être, en s’imaginant pouvoir à leur tour se présenter en tant que personnes capables de promouvoir des enseignements.


Avant de donner des enseignements ou pratiquer une discipline, combien d’entre ces personnes pratiquent au minimum 30 minutes de relaxation et de méditation par jour? Sur quel enseignement théorique et pratique se basent-elles, lorsque lon sait que toutes les écoles qui représentent des praticiens professionnels de la santé psychique et corporelle demandent un minimum de 500 heures de travail en psychopathologie et 100 heures de travail psychothérapie personnelle? On ne parle pas encore de connaissances sur le développement affectif et cognitif de lenfant, de psychanalyse, de psychosomatique, danatomie, etc.


C’est pourquoi, si toutes ces méthodes ont pour similitude de permettre aux personnes de se « mettre en pause» pour prendre conscience du corps qu’elles habitent, ces méthodes ne pourront cependant pas avoir une action concrète apportant un changement de manière durable. C’est alors un phénomène d’addiction qui s’instaure. Addiction qui procure un bien-être éphémère et non permanent. Si le praticien(ne) n’a pas un bagage universitaire lui ayant enseigné la capacité à prendre soin du corps et de la psyché d’autrui, avec le travail volontaire de la personne qui consulte, cela reste de l’ordre du bien-être et non d’un véritable changement consécutif à un véritable travail en profondeur.


Ces techniques peuvent être une première étape pour aider à prendre du recul. La deuxième étape doit être une volonté personnelle à vouloir comprendre ses propres souffrances. Lorsqu’une complexité surgit dans la vie quotidienne, elle peut réveiller une blessure. C’est à ce moment-là qu’elle devra «être vue» reconnue, et comprise. Ce n’est qu’en remontant à l’origine des souffrances, que ces dernières prendront tout leur sens pour la personne qui les vit. Et c’est précisément dans ce moment volontaire de guérison, après identification de la souffrance, qu’un thérapeute formé peut intervenir avec des outils validés qui ont apporté la preuve de leur bien fondé d’une part, mais également de leur efficacité d’autre part.


Nous pouvons alors garder à l’esprit ceci : si pour la plupart des personnes en quête d’elle-même, toutes ces techniques de bien-être sont synonymes d’escale, elles ne sont pas un but vers une guérison véritable. Une escale est un endroit de transit, cela revient à dire que c’est un lieu où l’on peut se recharger et se décharger. Si ces états de quiétudes et d’harmonie intérieure peuvent momentanément calmer les inconforts psychologiques, ils ne sont pas des états dans lesquels une personne affronte courageusement sa réalité lui permettant ainsi de guérir afin d’affronter, cette fois de façon profondément ancrée, les complexités de la vie quotidienne. Les personnes qui prolongent ces états de bien-être, par addiction, renforcent leur anxiété, et inhibent leur créativité.


Si certains se laissent happer par ce nouveau « marketing spirituel», d’autres trouveront peut-être que la véritable richesse entre l’orient et l’occident ouvre des perspectives évolutives, d’où peut émerger une véritable spiritualité. Cependant, trouver de la volonté et du courage, pour accueillir nos blessures enfouies dans l’inconscient, demande force et souplesse d’esprit.


C’est pourquoi chaque psychothérapeute en fonction de sa sensibilité et de sa propre expérience de vie choisit de développer en pleine conscience le potentiel dont il sait intimement et profondément que ce dernier aura des bénéfices sur ses patients. C’est l’être même du thérapeute qui devient la source de guérison. Il a assumé la sagesse du vide en tant que matrice de créativité. C’est le vide de la cruche qui accueille l’eau et la contient. Dans le vide du thérapeute, une personne peut se trouver, car elle est accueillie comme elle est au-delà de tout ce que sa vie est venue l’envelopper de croyance, de jugement, de peurs, d’inhibitions, etc. Une thérapie réussie mène à ce lieu intérieur que plus rien ne peut venir perturber. Dans la voie escarpée, il est écrit que celui qui peut se remettre d’une avalanche n’est encore qu’un amateur.


Si certaines personnes ou thérapeutes ont une affinité particulière avec une ou des méthodes de relaxation et d’harmonisation, ce ne sont pas pour autant des méthodes à visée thérapeutique et donc spiritualisant, car seule la confrontation avec soi engendre un gain dans l’esprit.


Je pratique depuis de nombreuses années la relaxation, la méditation et plus précisément le Reiki, que j’enseigne.


Si cette méthode prend sa source dans la méditation et le Bouddhisme de l’ancienne Inde, il n’en reste pas moins que pour comprendre le fonctionnement d’une psyché occidentale, nous avons besoin de fondements en psychologie analytique. A contrario, le risque est grand de passer à côté de l’essence-ciel comme c’est souvent joliment écrit, sans que du ciel on n’en voie l’essence. Or, cette essence c’est l’Homme lui-même, puisque le Verbe c’est fait chair, et il risque de passer à côté sans jamais trouver la voie qui y mène… à son verbe intérieur.


Restons dans le réel et cherchons l’essentiel. La connaissance des mots mène à la connaissance des choses disait Platon. L’essentiel est définissable alors que l’essence-ciel est de l’ordre d’une chimère, car qui peut dire ce qu’est l’essence-ciel?! Les tournures de phrases employées dans le marketing spirituel sont des apparences qui mènent à des illusions.


Pour pratiquer régulièrement le Reiki, je sais qu’il favorise la relaxation, et il permet à une personne d’être à l’écoute de sa vie intérieure. Cette pratique ne remplace cependant pas les mots; seuls ces derniers ont un effet cathartique et donc libérateur. Pour s’entendre dans sa réalité encore faut-il trouver une oreille à qui l’on peut se dire. Si personne n’est là pour vous écouter, vous restez isolé(e) et seul(e), enfermé(e) de façon autiste dans votre univers. C’est le «Tu» qui crées le «Je». C’est pourquoi le thérapeute est un professionnel de l’écoute et de la parole guérissante.


C’est par l’écoute attentive du thérapeute et du discours maïeutique, cet art consistant à faire découvrir à l’interlocuteur les vérités de son esprit en lui posant une série de questions, qu’émergeront naturellement les forces psychiques de guérison. C’est néanmoins au consultant, d’être prêt, courageux et volontaire pour s’engager dans le chemin qui mène à soi.


La tradition ancestrale orientale, avec ses méthodes de méditation et de relaxation, est là pour favoriser l’éveil au corps chez les Occidentaux. Les fondements de la psychothérapie sont là pour permettre au corps de se parler au travers de la parole du consultant et ainsi dénouer par les mots, les maux qui s’inscrivent dans les tensions musculaires, les douleurs digestives, les céphalées, etc.


L’être se libère ainsi et s’ouvre à lui une conscience élargie qui préalablement restait enkystée.



Stéphanie Fink


Praticienne en psychothérapie

Bioénergéticienne

Praticienne et Maître enseignant en Reiki.







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