• Anima et animus dans les relations homme-femme


« Quand l'animus et l'anima se rencontrent, l'animus sort son épée de pouvoir et l'anima projette son poison d'illusion et de séduction ».


L'anima et l'animus représentent également dans l'inconscient la relation entre un homme et une femme.


Tout comme l'introverti et l'extraverti abordent la vie selon leur mode de fonctionnement, nos vies sont structurées par les comportements sexuels innés et les structures archétypales que nous mettons en œuvre dans nos rapports avec le sexe opposé. Ce qui signifie que notre comportement vis-à-vis du monde est fort semblable à celui que nous avons vis à vis du sexe opposé.


Chaque homme porte en lui l'image de la femme, celle d'un type de femme déterminée. La femme porte en elle une image d'hommes. Ces images sont inconscientes et donc sont projetées sur l'être aimé.


Un homme qui porte en lui l'image archétypique d'une fée ou d'une sorcière s'éprendra d'une femme fatale, actrice, star de cinéma, par exemple : Marlène Dietrich. Une femme qui porte en elle une image de puissance, de chevalier, s'éprendra d'une star de cinéma comme Stallone.


Dans le rapport amoureux nous projetons pour la femme son animus sur l'homme aimé, pour l'homme son anima.


C'est l'effet coup de foudre. Lorsque s'estompent les projections et que nous prenons conscience de la réelle personnalité du conjoint souvent nous sommes déçus.


C'est le déclin de la lune de miel. À ce moment-là soit nous savons instaurer de nouvelles relations, plus proches de la réalité, soit nous changeons de partenaire, toujours en quête de ce que nous ne reconnaissons pas exister en nous-mêmes.


Il nous faut réaliser que nous ne devons pas toujours chercher quelqu'un d'extérieur pour donner un sens à la vie. On projette sur le sexe opposé des traits indésirables en nous.


• L'anima


C'est une notion archétypique en ce sens qu'elle fait partie du fond commun de l'humanité et fait appel aux mythes.


C'est par elle que l'homme appréhende non seulement le monde féminin, mais également son monde intérieur, les contenus de son inconscient.


Elle se compose de 3 éléments :


L'image de la Mère, complexe Mère ou Imago Freudienne qui est le réceptacle de tous les sentiments refoulés, de l'œdipe et de ce qui fait partie de l'ombre.


Elle se modifie en fonction des rencontres ultérieures.


Elle est préformée dans l'inconscient par des images ancestrales, celles que l'on rencontre dans les contes et les légendes, qu'elles soient sorcières, sirènes ou ondines.


• L'animus


Masculinité inconsciente de la femme, l'image de l'autre sexe qu'elle porte en elle. (Tout comme l'animus chez la femme).


Tout comme l'anima, l'animus se compose de trois éléments :


L'imago du père qui donne à la fille la force particulière sur laquelle s'appuient ses convictions et ses opinions. Il prend également naissance dans l'animus maternel.


Les rencontres que la femme fait avec d'autres hommes.


Les images archétypiques de l'inconscient. C'est par leur émergence que la femme peut avoir accès au Logos, aux manifestations de l'esprit.


• Anima et animus dans les rêves


Fées, sorcières, prostituées chez l'homme.


Magicien, conquérant chez la femme.


Les Dieux sont remplacés par des stars, des top modèles.


Exemple de rêve d'anima : Un homme rêve d'une femme aux cheveux noirs. Elle se promène seule dans un parc. Il la regarde de loin, comme fasciné. C'est le symbolisme des sirènes, des Lorelei, attirantes et mortelles.


• L'inflation et la personnalité Mana


Lorsque l'individu a plus ou moins intégré l'image de l'âme, soit son anima ou son animus, il se trouve en possession d'une énergie nouvelle. À ce moment-là, cette extension de la personnalité peut entraîner une inflation du moi.


L'individu se croit alors investi d'un pouvoir, d'une mission, il devient "personnalité Mana", archétype de l'homme sage et fort.


Chez l'homme cette personnalité Mana prend la forme du Vieux Sage.


Chez la femme, elle prend la forme de la Grande Mère.


L'homme ou la femme qui sont possédés par ces archétypes subissent donc un phénomène d'inflation, « indiquant que la personne a été pour ainsi dire soufflée par quelque chose qui la dépasse, quelque chose de collectif et non de personnel ».


L'individu doit arriver à comprendre que c'est la puissance de l'inconscient qui œuvre à travers lui, il est alors sur la voie d'un authentique développement de la personnalité.


• Le Vieux Sage


C'est l'archétype du sens. Une sorte de guide intérieur, de guru. Aide à des éclaircissements correspondants aux problèmes apparaissant pour chaque circonstance et que l'on résout au fur et à mesure.


Mais cet archétype peut également faire croire à l'homme qu'il possède réellement un pouvoir : « la Mana ».


L'identification à cet archétype a une influence négative. Elle correspond à un mage noir qui fait usage de son expérience intérieure à des fins de puissance.


L'intégration de cet archétype a une influence positive.


Elle entraîne le fait que le sujet se sert de sa sagesse pour aider les autres.


• La Grande Mère


Cet archétype agit sur la femme de façon analogue.



L'identification à la grande mère donne un aspect destructeur et la femme qui en est la proie devient castratrice, parce que trop bien intentionnée elle risque d'étouffer l'autre, de devenir tyrannique « pour le bien » de ceux qu'elle aime.


L'intégration de cet archétype conduit la femme à comprendre les autres et se mettre à leur service, de manière simple et naturelle, sans en tirer gloire.


C'est en quelque sorte l'empathie décrite par Carl Rogers.


• Le Puer Aeternus


L'attachement à l'imago maternelle peut développer chez le jeune homme l'image du Puer Aeternus adolescent ou homme qui meurt jeune ou manifeste un refus de vie, en particulier sous son côté obscur.


Cela renvoie à l'éternel adolescent, ce sont des personnes qui prennent des risques, ne reconnaissent pas le danger, qui sont suicidaires quelque part.


• La psychanalyse Jungienne


La psychanalyse freudienne sert à résoudre les problèmes liés à l'enfance, principalement œdipiens, aider l'homme dans sa jeunesse.


Jung situe son action dans la deuxième moitié de sa vie, lorsqu'il s'agit de s'adapter à son monde intérieur (l'homme devant consacrer la première moitié de sa vie à son adaptation au monde extérieur, la seconde à s'adapter à son monde intérieur).


De plus pour Jung une névrose actuelle peut être due en partie à des causes actuelles. Pas seulement à l'enfance même s'il s'appuie sur Freud et Adler. Il ne faut pas s'enliser dans le passé et négliger présent et avenir.


L'analyse Jungienne demeure une pratique thérapeutique appliquée à un esprit blessé, mais elle ne se réduit pas simplement à un traitement qui prendrait fin à l'élimination des symptômes. Elle a pour but un renforcement de la conscience, une initiation qui passe par le double mouvement du donner la parole aux dynamismes inconscients les plus profonds et de devenir conscient des autres et de soi-même.


Ainsi cette démarche est à la fois personnelle et collective. La première étape est la détermination des caractéristiques individuelles et voir comment elles permettent de s'intégrer au monde extérieur.


Il s'agit ensuite d'assimiler les contenus de son propre inconscient pour être au clair avec soi-même et atteindre ainsi à la Totalité, à l'individuation. Cette démarche n'est pas égocentrique, ni égoïste, elle permet une participation mystique à l'humanité toute entière, car après avoir fait l'unité en lui-même pour se réaliser l'individu doit fondre cette unité dans le Tout.


De plus le processus d'individuation est un processus dynamique, un équilibre, sans cesse remis en question. La personnalité devient individuée c’est-à-dire non divisée. C'est l'accès à la vraie maturité, elle permet de conduire sa vie avec sagesse et lucidité. On ne devient pas individualiste. C'est tendre à devenir un être vraiment individuel, dans notre unicité la plus intime, la plus personnelle et rebelle à la comparaison ce qui correspond à la réalisation de soi-même, de son Soi.


• Le principe d'individuation


Le processus d'individuation équivaut à un processus d'élargissement de la conscience, il est lié à la venue à la conscience et à l'intégration des contenus archétypiques de l'inconscient. À ce moment-là conscient et inconscient si souvent en contradiction s'unissent dans une nouvelle orientation, une nouvelle harmonie où l'individu trouve un sentiment de plénitude. L'individuation conduit au retrait des projections. En effet, tant que ce processus n'est pas achevé, l'homme va projeter les archétypes sur des figures extérieures.


La prise de conscience et le retrait des projections mettent le moi en danger. Cet état d'inflation ne se résout que par la mise à jour d'un centre inconscient de la personnalité et l'établissement d'une relation entre le Moi et ce centre. Ce centre de nature numineuse Jung l'appelle le Soi.


• Le soi et le processus d'individuation


Le Soi est central dans la vie et l'œuvre de Jung, il perçoit là le sens de son existence et de la thérapie analytique. Le Soi est le modèle intérieur de la personnalité que nous sommes supposés devenir. C'est notre dieu intérieur. C'est la source du processus d'individuation et son objectif final. But à réaliser jamais totalement atteint.


Les archétypes, modèles millénaires du développement de la psyché (arrivent à acquérir une vie indépendante), servent de guides spirituels à la personnalité. Pour l'individu il faut se retrouver en harmonie avec le modèle de vie qui lui est véritablement propre.


Le Soi est le but. C'est un principe, un archétype de l'orientation et du sens. Ce serait le Soi qui renoncerait à l'existence de l'au-delà, qui prendrait forme humaine. Dans sa forme humaine, il peut faire l'expérience du monde à trois dimensions, et par une conscience accrue, progresser vers sa réalisation.


Dans cette vie, nous sommes rattachés à l'infini. Il se pourrait que continuer la vie à trois dimensions n'ait plus aucun sens une fois que l'âme a atteint certains échelons d'intelligence. Ainsi il n'y aurait plus de nécessité à ce qu'elle revienne sur terre. Mais s'il reste un karma à accomplir, l'âme retourne à nouveau dans la vie, sachant qu'il reste encore quelque chose à parfaire. Ce serait donc le Soi qui prendrait forme humaine.


Le Soi est aussi une image de Dieu dans l'âme. L'image de Dieu coïncide avec l'archétype du Soi. Dieu est inscrit dans cette partie de notre âme préexistante à notre conscience et ne peut nullement passer pour une intention de celle-ci.


S'il n'existait pas à l'intérieur de la psyché une sorte d'expérience du divin, il nous serait impossible de la percevoir.


Néanmoins, le Moi a une fonction irremplaçable en corrélation avec le Soi, car il est le seul responsable de la décision : il « est doté d'un pouvoir, une force créatrice que nous appelons volonté ».


Devenir conscient est un acte de volonté effectué par le Moi, d'autre part c'est aussi une émergence spontanée du Soi qui a toujours existé. Le but c'est l'assimilation du moi dans une personnalité plus vaste.


Ce processus d'individuation n'est possible que si un Moi déjà bien développé et cohérent peut agir à titre d'organe récepteur.


Il reconnaît alors l'interdépendance du Moi et du Soi.


Le sujet humain se réalisant dans une polarité interne, c’est-à-dire la coordination paradoxale d'un centre conscient et d'un centre inconscient. Ces deux centres ne sont pas du même ordre. Le Soi n'est pas un Moi profond.


La voie de l'individuation bien que présentée en trois étapes distinctes : intégrer l'ombre, puis l'anima-animus et atteindre le Soi n'est en fait qu'un seul et même processus continu : la relation entre la conscience et le Soi.


Au début du processus il nous faut affronter notre ombre : ce qui nous permet d'intégrer une partie de notre personnalité refusée, le reflet de nous-même en négatif, et d'éviter les projections de nos défauts sur les autres.


Ensuite, il nous faut passer à l'étape anima-animus qui nous permet de comprendre des difficultés de relations personnelles et intégrer notre complément puis de s'acheminer vers le soi.


Le soi dans les rêves : apparaît au moment où on essaie de retrouver notre intégrité intérieure. Quelquefois à travers des mandalas de formes géométriques, ou bien la scène du rêve reflète des aspects de mandala (des personnes dans une pièce qui tournent en cercle) etc. ou bien le Soi peut prendre la forme d'un animal, ce qui marque l'émergence du Soi avec une réaction d'émerveillement peut être mêlée de crainte envers les animaux du rêve.


Ce peut être également un animal qui se montre détaché comme si le monde qu'il habitait n'avait que peu ou pas de liens avec l'humanité. (Reptiles par exemple : animaux à sang-froid, qui remontent à notre cerveau reptilien ce qui correspond à une puissance instinctive et à la sagesse).


La montagne, l'océan, l'arbre viennent fréquemment figurer le Soi (fleurs, lac tranquille, chemin sinueux).


Les représentations animales apparaissent à des étapes charnières : quand on a intégré l'ombre et entrepris de se confronter à l'anima-animus, plus tard lorsqu'il faut traiter directement avec le Soi.


• Qu'est-ce qu'un mandala ?


Mandala : vient du sanscrit. C'est une image archétypique, pour Jung cela signifie cercle magique. C'est un cercle, symbole du centre, du Soi. Illustre la totalité de la personnalité, la totalité du Soi.


Un instrument de contemplation et de méditation dans les traditions orientales (lamaïsme et yoga tantrique). C'est un dessin.


Ce serait un schéma ordonnateur qui permettrait le centrage de la personnalité, de produire un nouveau centre de celle-ci. Dans les mandalas, nous figurons les contraires et leur lutte, leur conciliation en nous. Cela semble correspondre à notre situation intérieure au moment où on la dessine.


En s'appuyant sur ces images, on peut observer jour après jour les transformations psychiques qui s'opèrent en nous.

Le Mandala aide à la formation et à la transformation. Il est l'expression de tous les cheminements, sentier qui mène vers le milieu, vers l'individuation. Il vise à l'unité. Il représente une compensation de la faille en nous, voire son dépassement anticipé, coopération entre conscient et inconscient.


Il y avait beaucoup de mandalas au moyen âge, en occident donc, dans les églises, les rosaces par exemple, construites de façon à ce que souvent le soleil les éclaire en leur centre.


• Analyste / malade :


« Il ne faut pas enseigner au malade une vérité, c'est le malade lui-même, au contraire, qui doit en se développant se hisser à cette vérité, ce qui atteint le cœur, émeut l'être entier et jouit d'une autre efficacité ».


Il ne doit pas y avoir de suggestion mais réellement compréhension du malade.


« Il est indispensable de ne pas restreindre d'avance doctrinairement le sens d'un rêve ».


« L'inconscient n'est pas un être démoniaque comme l'école freudienne le voit sous un jour des plus négatifs. C'est un organisme naturel, indifférent du point de vue moral, esthétique et culturel qui ne devient dangereux que lorsque notre attitude consciente à son égard est désespérément fausse. Dès l'instant où le patient commence à assimiler les données jusqu'alors inconscientes, les dangers diminuent ».


« Il faut veiller à ce que demeurent les valeurs de la personnalité consciente, la compensation par l'inconscient n'étant efficace qu'en coopération avec une conscience qui jouit de son intégrité ».


• Dynamique des images oniriques


Pour Jung, au départ il n'y avait pas de conscience, mais un état indifférencié conscience-inconscience. Puis la conscience a émergé, mais c'est une conquête tardive de l'évolution.


« Par le rêve, nous pénétrons dans l'être humain plus profond, plus général, plus vrai, plus durable, qui plonge encore dans ce clair-obscur de la nuit originelle où il était un tout et où le tout était en lui, au sein de la nature indifférenciée et impersonnalisée. C'est de ses profondeurs où l'univers s'unifie que jaillit le rêve ».


« On rêve en première ligne et à peu près exclusivement de soi et à travers soi-même. L'autre dont nous rêvons n'est ni notre ami, ni notre voisin. C'est l'autre en nous ».


Les grands rêves sont ceux qui renferment des thèmes mythologiques, des associations d'images et des représentations comparables à celles que l'on rencontre dans la mythologie. Dans ce cas le rêve contient un sens collectif, c’est-à-dire un sens général, humain. Ce qui n'est pas en contradiction avec le fait que nous rêvons toujours de nous-même car notre individualité est néanmoins enchâssée dans l'humaine condition.


Ce rêve exprimera aussi que la problématique momentanée du rêveur est aussi partagée par beaucoup de ses contemporains.


Jung comme Freud attache la plus grande attention aux messages inconscients que nous transmettent les rêves. Mais contrairement à Freud, il pense que les rêves ne subissent pas de censure, ils sont ainsi natures et ne révèlent pas la moindre intention trompeuse, ce qui ne veut pas dire qu'ils ne subissent pas le travail du rêve. Il reconnaît d'ailleurs les jeux de déplacement, condensation, et figuration, mais n'y voit pas forcément un effet de censure.


Il pense que ces procédés appartiennent à la polysémie de l'image.


Le rêve nous communique ainsi en un vocabulaire symbolique, c’est-à-dire à l'aide de représentations imagées ou sensorielles, des idées, des jugements, des conceptions, des directives, des tendances, qui refoulées ou ignorées étaient inconscientes.


Le matériel onirique possédant ainsi son dynamisme propre. Le sens du rêve dépasse toutes les interprétations que l'on peut en faire car le symbole met en contact le conscient avec ce qui est « inconnu et à jamais inconnaissable ».


Il n'utilise pas la méthode des associations libres, mais celle des associations dirigées afin de ne pas laisser le patient errer dans un vagabondage de l'esprit, tout en s'évadant inconsciemment des points ressentis comme les plus douloureux, donc les plus refoulés. Ainsi les associations seront canalisées et limitées à la périphérie immédiate du rêve ainsi qu'aux éléments qui sont en rapport avec celui-ci.


De plus il accorde une grande importance au symbole. Celui-ci ayant selon lui une valeur autonome le reliant à l'inconscient collectif. Il évoque également le processus d'amplification selon lequel le rêveur doit dépasser ses propres associations pour examiner les symboles dans son aspect collectif.


Mais il met en garde contre le fait « qu'aucune image symbolique ne peut avoir une signification unique, universelle et systématiquement fixée ». Donc on ne peut établir de dictionnaire des symboles.


Il ajoute dans « L'homme et ses symboles » :


« Il est tout à fait stupide de croire qu'il existe des guides préfabriqués et systématiques pour interpréter les rêves, comme si l'on pouvait acheter tout simplement un ouvrage à consulter et y trouver la traduction d'un symbole donné. Aucun symbole n'apparaissant dans un rêve ne peut être extrait de l'esprit individuel qui le rêve, et il n'y a pas d'interprétation déterminée et directe du rêve. La façon dont l'inconscient complète ou compense la conscience varie tellement d'un individu à l'autre qu'il est impossible d'établir dans quelle mesure on peut classifier les rêves et leurs symboles ».


Il utilise aussi l'imagination active qui donne la parole à l'inconscient dans la journée l'amenant à prendre forme et à devenir en quelque sorte le partenaire du conscient éveillé. La personne consciente fixe son attention sur une image (qui peut être empruntée à un rêve) et la laisse évoluer spontanément. Il ne s'agit pas d'une rêverie sans intérêt. Le but est une véritable interprétation de ces images par le Moi. Cette technique a une visée maturative.


• Freud et Jung / Interprétation des rêves


Pour Jung la Lyse est la solution, le dénouement du rêve.


Pour Freud : le rêve est la réalisation d'un désir.


Jung : « le rêve est une auto-représentation spontanée et symbolique de la situation actuelle de l'inconscient ».


Il remplit une fonction de compensation qui met en jeu des dynamismes corrigeant la situation existante. Par exemple si notre attitude consciente devient malsaine par rapport à l'ensemble de notre organisme, l'inconscient va compenser. Ce serait une auto-régulation psychologique de l'individu (cf. Adler théorie des compensations) : par exemple Jung rêve que pour aider une malade, il doit lever la tête très haut. Ce serait plutôt lui qui dans la réalité a du la regarder de haut. À partir de là, il va changer son attitude par rapport à sa patiente.


Le rêve peut aider à résoudre un problème extérieur ou intérieur. Il peut donner la solution d'un conflit. Il existerait des rêves prémonitoires.


Certaines des images apparaissant ont la valeur de symbole. D'autres sont tournées vers l'avenir du scripteur. Ainsi le rêve compense le contenu du conscient ou l'attitude consciente.


Pour Freud : le rêve nous révèle les désirs inconscients refoulés et les conflits mal ou non résolus de l'enfance.


L'interprétation est le plus souvent de l'ordre de la sexualité (œdipe, castration).


(On reproche à l'interprétation Freudienne d'être réductrice).


Pour Jung : le rêve représente la réalité intérieure telle qu'elle est, non pas telle que je la suppose ou telle que je la désire, mais bien telle qu'elle est.


« Le rêve introduit dans la conscience, grâce à un assemblage symbolique, les matériaux constellés dans l'inconscient par les données de la situation consciente ».


Pour analyser un rêve correctement il faut une connaissance approfondie de la situation consciente du rêveur.


Le point de vue causal tend vers une réduction univoque avec une codification des symboles et de leur sens : par exemple, le pénis est représenté par tous les objets longs.

Le point de vue finaliste voit dans les images oniriques le reflet des situations psychologiques infiniment variées. Il n'existe pas de signification figée, toutes les images oniriques sont importantes en elle-même.


Exemple de deux interprétations à deux niveaux différents :


Une jeune femme rêvant de son père peut avoir besoin d'affronter un problème qui est lié à lui ou à un certain aspect de sa relation avec lui.


Mais elle peut encore avoir besoin de reconnaître en elle le principe mâle (personnifié par le père).


Il serait difficile de quitter la pensée Jungienne sans parler également de synchronicité.


• La synchronicité (d'après Aniela Jaffé)


• Jung part de l'expérience de Rhine : Expérience de Rhine Dans le cas de l'expérience dans l'espace :


Un événement éloigné spatialement sans qu'il soit possible de déceler un agent quelconque de transmission est perçu au même moment par un observateur se trouvant dans un autre lieu.


Dans le cas de l'expérience dans le temps


Un événement distant dans le temps est observé comme s'il se produisait actuellement.


Dans les deux cas, il s'agit de l'apparition inattendue dans la conscience d'une image qui n'a pas été transmise par les organes des sens, image dont on peut après coup constater qu'elle est comme une perception, ou qu'elle est réellement la perception d'un événement extérieur qui a eu lieu au même moment.


« Ces particularités permettent à l'archétype d'agir, ici comme ailleurs, intérieurement aussi bien qu'extérieurement, et ainsi "d'arranger" des coïncidences conformément à un sens ».


On pourrait alors considérer la synchronicité comme un aspect parapsychologique de l'inconscient collectif.


Ex. : Dans "Ma vie", un de ses patients fait une dépression. Jung fait une conférence dans un hôtel, n'arrive pas à dormir. Vers 2 h 00, il se réveille alors qu'il vient de s'endormir. Il est effrayé, persuadé que quelqu'un est venu dans sa chambre.


Il s'est réveillé sous l'influence d'une douleur sourde comme si quelque chose avait rebondi sur son front et ensuite frappé la partie arrière de son crâne. Le jour suivant, il apprend par télégramme, que ce malade s'est suicidé en se brûlant la cervelle. Il apprend plus tard que la balle s'est arrêtée contre la partie arrière du crâne.


C'est un véritable phénomène de synchronicité comme on en observe assez fréquemment en rapport avec une situation archétypique. Ici la mort. Vu la relativité du temps et de l'espace, il lui semble possible d'avoir perçu ce qui se passait en réalité dans un autre lieu. Son inconscient connaissant l'état de son malade et l'inconscient collectif est relié à tous les hommes. Alors pourquoi pas ?


• Les quatre fonctions


La conscience, organe d'orientation, utilise certaines fonctions pour s'orienter dans l'espace extérieur, dans son ambiance.


Pour percevoir le monde d'objets différents de nous-même qui nous entoure et pour nous orienter en lui, nous utilisons surtout les impressions sensorielles réunies sous la rubrique : la sensation.


« La sensation est par essence irrationnelle. Pour être pure et vive elle ne doit inclure aucun jugement, ni être influencée ou dirigée ».


« Une deuxième fonction nous dit, après que la sensation a constaté la présence d'un objet dans l'espace où nous sommes, ce qu'est cet objet. Cet acte, cette fonction de connaissance est, sur un plan primitif, ce qu'on appelle la pensée. La pensée est une fonction rationnelle : elle juge, elle exclut ; c'est sa tâche primordiale, puisqu'elle doit préciser ce qu'une chose est. Elle doit appréhender sa spécificité, la différencier de ce qui n'est pas elle, ce qui est une œuvre de jugement, une fonction rationnelle ».


« Une fois que nous avons constaté la présence d'un objet dans notre voisinage et que nous avons appris que cet objet est ceci ou cela », nous sommes dans le présent. « Or cette donnée actuelle, instantanée, a un passé et un avenir. Elle a été et deviendra (...). Par la suite la chose dont nous avons constaté l'existence actuelle renferme des traits dénotant le passé et faisant pressentir l'avenir (..). Nous avons un certain flair pour l'origine des choses et nous pressentons leur évolution, leur devenir futur : c'est la sphère de l'intuition (...) ». On l'emploie « dès que l'on se trouve en présence de conditions nouvelles, encore vierges de valeurs et de concepts établis ».


« De la chose à moi ou de moi à la chose existent des rapports, des liens ; d'une façon ou d'une autre je me trouve affecté par tout objet, qui est agréable ou désagréable, attachant ou repoussant, que je désire ou que je hais : c'est ici la sphère du sentiment. Le sentiment me dicte la valeur que cet objet a pour moi. c'est une fonction rationnelle qui formule un jugement précis, alors que l'intuition, perception spontanée de possibilités vagues, est une fonction irrationnelle ».


• Le Soi


Dans un rêve d'intégration de l'anima, un patient vit un homme et une femme (l'anima) minuscules, hauts de quelques centimètres seulement - mais dans le rêve, cela n'avait rien d'étrange. Un gigantesque lézard (le Soi), de plusieurs mètres de long, entra dans la chambre.


L'homme se tenait de côté, prudent, mais non point effrayé. La femme paniqua, s'enfuit en courant et tomba. Le lézard s'approcha d'elle, puis se transforma en nuage et pénétra en elle par sa bouche. D'un seul coup, elle parut se retourner de l'intérieur vers l'extérieur, et devenir à son tour un lézard, bien que celui-ci fût un peu différent du premier. L'homme était trop loin pour secourir la femme, et observait la scène avec un certain détachement.


Ces rêves de transformation semblent effrayants à l'état de veille, mais donnent un sentiment de justesse au moment où ils ont lieu - autre signe sûr de la présence du Soi.



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