Psychologie des profondeurs

• Les types psychologiques


D'abord immergé dans le Soi inconscient et le monde lui aussi inconscient, le moi en émerge par différenciation d'une fonction qui constitue son mode d'adaptation privilégié.


Ainsi Jung comprend le moi comme un ensemble de fonctions destinées à l'adaptation de l'individu aux conditions de l'environnement et à sa propre structure interne. La conscience organe d'orientation utilise certaines fonctions pour s'orienter dans l'espace extérieur, dans son ambiance.


En 1921, il conçoit la structure de la psyché selon quatre fonctions qui s'opposent deux à deux selon la loi des contraires.


• Deux fonctions rationnelles de jugement


Pensée : établit le rapport entre le pourquoi et le comment des choses, fonction de signification.


Sentiment : procède par acceptation ou refus de l'objet sans qu'intervienne le jugement intellectuel, fonction de relation.


Elles sont dites rationnelles car elles émettent un jugement soit dans l'ordre de la logique, soit dans celui de l'affectif.


• Deux fonctions irrationnelles


Sensation : est la fonction du réel, fait sentir les choses telles qu'elles sont par l'intermédiaire des sens.


Intuition : donne une perception immédiate et directe, fonction de compréhension spontanée, non réfléchie.


Elles sont dites irrationnelles car ce sont des fonctions perceptives qui ne suivent pas les lois de la raison, mais de l'impression faite par l'objet.


Chaque être possède les quatre fonctions, mais à des degrés d'évolution différents. Jung appelle fonction principale celle qui est la plus développée. Celle où on se sent le plus à l'aise pour se diriger dans le monde et s'y adapter. Elle donne la tonalité de la personnalité.


Deux autres fonctions plus ou moins développées servent de fonctions auxiliaires et aident la fonction principale à l'adaptation du Moi au réel.


La quatrième fonction non développée est dans l'inconscient, elle est opposée à la fonction principale. Certaines personnes qui possèdent les quatre fonctions sont déjà parvenues à une maturité personnelle importante.


La personnalité sera d'autant plus équilibrée que les quatre fonctions sont peu à peu utilisées à parts égales.


Les quatre fonctions se combinent aux deux types d'attitude pour donner une typologie, qui elle définit des types de comportement.


En consultation, le type de la fonction principale et de la fonction inférieure ne permet pas seulement de comprendre comment le patient perçoit le monde et s'y oriente, il éclaire également les conditions de la maturation de ce patient. C'est par la fonction inférieure que s'établit le lien à notre inconscient collectif. C'est par elle qu'il peut déborder.


• Le moi et la volonté


Ces fonctions sont dotées chacune d'une énergie spécifique.


L'énergie propre inhérente à l'une des fonctions en exercice peut-être disciplinée par ce que nous appelons l'attention et la volonté.


Ainsi le moi est doté d'un pouvoir, d'une force créatrice, conquête tardive de l'humanité que nous appelons volonté. Le moi est doté d'une énergie disponible, grâce à laquelle nous pouvons influencer le cours naturel des événements. Nous éprouvons alors un sentiment de liberté.


Ainsi le conscient est formé de quatre fonctions : sensation, pensée, intuition, sentiment et du moi doté de la volonté.


Le sujet est au centre, c'est le moi doté de l'énergie spécifique que l'on appelle volonté, chaque fonction en particulier est dotée d'une part d'énergie qui lui est propre, la répartition de l'énergie entraîne les variations individuelles (soit perceptif, soit intuitif, etc.).


Ces quatre fonctions contribuent à l'orientation de la conscience, quatre autres fonctions contribuent à l'orientation de l'espace psychologique intérieur, ce sont des fonctions en majeure partie conscientes, car l'inconscient les donne et le conscient les attrape.


• Espace psychologique intérieur


C'est l'espace psychique intérieur et conscient, ce n'est pas l'inconscient, il comprend :


La mémoire, les souvenirs.


Contributions subjectives des fonctions. C'est la pensée en marge qui existe pendant que l'on parle, lit, fait quelque chose. Pensées subsidiaires dont nous sommes le siège, satellites plus ou moins clairement perçus de notre pensée intentionnelle.


Les affects : ils possèdent un singulier caractère d'autonomie grâce auquel ils déterminent des altérations profondes de la conscience. Ce sont des sortes d'explosions soudaines qui nous perturbent et qui s'imposent : la colère etc.


Irruptions de l'inconscient dans le conscient : des contenus inconscients surgissent soudain dans la conscience, par exemple une impression soudaine, une opinion, un préjugé, une illusion ou même une hallucination.


On s'efforce en général de faire taire ces événements que l'on ressent comme quelque chose d'incongru, dont on n'aime guère discourir.


Viennent ensuite l'inconscient personnel et l'inconscient collectif.


• L'inconscient collectif et les principaux archétypes


• L'inconscient collectif


Jung entrevoyait dans ses rêves et ceux de ses patients en particulier des enfants, des éléments qui ne faisaient référence à aucun vécu, mais à des images ancestrales, dont ils n'avaient pas connaissance.


Cela lui fit penser que l'homme ne naît pas tabula rasa.


C'est à partir de ces observations qu'il élabora sa théorie de l'inconscient collectif dont les éléments sont les archétypes, mode de représentations inconscientes de l'instinct. Ils ont un caractère universel et se retrouvent dans toutes les civilisations.


Ainsi l'inconscient collectif est le fond psychique de l'humanité constitué des instincts. Jung nomme ainsi les pulsions. Cette partie de la psyché retient et transmet l'héritage psychologique commun à toute l'humanité, ce qui explique que l'on retrouve d'étranges correspondances entre les thèses mythiques, "les grandes images originelles" sous les latitudes les plus diverses et éloignées tant géographiquement que culturellement.


Ces images archétypiques, Freud les nommait : « résidus archaïques » reconnaissant par là leur existence, mais sans leur attacher l'importance que Jung allait leur accorder.


Dans l'inconscient collectif sont donc inscrites les séries d'expériences millénaires qui se retrouvent dans toutes les civilisations et s'expriment par l'intermédiaire des mythes, symbolisant les archétypes : ceux-ci apparaissent dans les rêves qui sont la manifestation de l'inconscient personnel aussi bien que de l'inconscient collectif.


Ce serait notre passé évolutionnaire qui serait emmagasiné en nous et qui surgit dans notre vie de deux façons : instincts et images de notre monde intérieur, c’est-à-dire les archétypes. Ainsi un morceau de notre structure la plus ancienne contrôlerait encore une bonne partie de notre existence consciente.


Ex. : Les enfants possèdent déjà en eux un modèle paternel et maternel auquel se référer pour affronter leurs expériences dans la réalité extérieure.


Les grands archétypes ou images symboliques possèdent une charge émotionnelle d'ordre numineux (numineux : sens de sacré, dépassant l'homme). Ce sont : la personna, l'ombre, l'anima, animus, la grande mère, le vieux sage, le puer aeternus.


Les archétypes sont comme des structures congénitales.


Les systèmes hérités correspondent aux situations humaines qui prévalent depuis les temps les plus anciens.


« J'ai donné à ce prototype congénital et préexistant de l'instinct, ce pattern of behavior, le nom d'archétype », dira Jung.


Cela signifie qu'un être humain naît avec son monde spécifique de comportement, ce qui est transmis ce sont ces structures.


« Nous sommes poussés en avant par nos actions passées, mais nous sommes aussi propulsés par les actions que nous avons besoin d'accomplir, dont plusieurs sont contenues en nous en tant qu'archétypes ».


« Dans une situation de panique, soit externe, soit interne, les archétypes interviennent et permettent alors au sujet de réagir de façon instinctivement adaptée exactement comme s'il avait déjà connu la situation, il a réagi à la façon dont l'humanité a toujours réagi ».


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