Avertissement : Certaines parties du texte ci-dessous pourront sembler difficiles à certains lecteurs. La psychologie des profondeurs est un sujet qui demande des années pour être compris et intégré. Il ne s’agit pas de comprendre intellectuellement, mais de saisir les concepts — qui sont des concepts vivants — dans sa propre âme.


C’est à Carl Gustav JUNG que nous devons la psychologie des profondeurs.


Pour les personnes qui souhaitent se familiariser avec ce courant psychologique, nous les invitons à lire le livre de Carl Gustav Jung : « Ma vie ». Ce livre présente la pensée de l’auteur, ses réflexions, son cheminement.


• Biographie de Carl Gustav Jung


Carl Gustav Jung est né en Suisse en 1 875 (citoyen de Bâle à Kesswill en Turgovie). Son père était pasteur. Jung devient médecin, puis psychiatre. Cette profession lui sembla un bon moyen d'aborder l'homme dans sa totalité.


À Zürich, à l'hôpital psychiatrique, il fut l'élève de Eugen Bleuler. Il fit sa thèse sur le thème : "la psychopathologie des phénomènes dits occulte" (1 902) et entreprit d'autres travaux sur les associations (1 908) et la démence précoce (1 907). Carl Gustav Jung aborde la maladie mentale en essayant de la comprendre de l'intérieur.


Il s'intéresse beaucoup aux travaux de Sigmund Freud qu'il découvre en 1906 et dont il devient l’ami en 1907.


En 1909 il accompagne Sigmund Freud aux USA. Puis il se consacre à la psychothérapie analytique et s'efforce d'appliquer la psychanalyse à la thérapie des psychotiques.


Il entreprend également une lecture psychanalytique des mythes.


En 1911-1912 la publication des « Métamorphoses et symboles de la libido » provoque la rupture avec Sigmund Freud. Elle est marquée par le désaccord de Carl Gustav Jung au sujet du concept de libido. Celui-ci refuse en effet l'idée que cette énergie psychique soit limitée à l'impulsion sexuelle. Dans ce livre il montre également que le matériel inconscient renvoie aux grands mythes de l'humanité.


En 1913, c'est la rupture avec Freud. La même année, il décide d'affronter le monde obscur de l'inconscient et se retire de l'université de Zürich. Il décrit cette expérience comme « la matière première de l'œuvre d'une vie ». Cinq années plus tard, il atteint un nouvel équilibre fondé sur une véritable communication entre conscient et inconscient.


Il introduit la notion d'inconscient collectif, notion qu'il approfondit dans son livre : « Types psychologiques ».


De 1924 à 1926 il entreprend des voyages en Afrique et en Amérique au cours desquels il observe les psychologies primitives.


En 1944 il publie « Psychologie et Alchimie », c'est la seconde partie de sa vie, il va alors délaisser la clinique et s'intéresser à l'ethnologie, à l'alchimie et à la psychologie des religions.


En 1958 la Société Internationale de Psychologie Analytique regroupe les praticiens de la méthode de Jung.


Carl Gustav Jung décède en juin 1961 à Kusnacht près de Zürich.


Très fécond, plus de 100 publications, et d'une culture universelle, captivé par tout ce qui touche à l'homme, c'est une personnalité très riche.


• Structure de la Psyché


C'est l'ensemble de tous les processus psychiques conscients ou inconscients. Carl Gustav Jung considère la relation conscient-inconscient comme une structure qu'il appelle la psyché. La possibilité de devenir entièrement soi-même dépend du fonctionnement satisfaisant de cette structure, système d'échange dynamique conscient-inconscient. Une énergie psychique ou libido amène ce processus.


De la totalité du système psychique nous n'avons conscience que d'une infime partie : c'est le conscient.


• Le Conscient


Néanmoins pour Carl Gustav Jung, le monde n'existe que par la conscience : « finalement c'est toujours le conscient qui reste décisif, le conscient doit comprendre les manifestations de l'inconscient, les apprécier et prendre position à leur endroit ».


Dans le conscient se trouve le Moi, complexe qui joue le rôle de pôle central du conscient.


C'est un contenu de conscience, composé d'un ensemble de représentations et d'affects.


• Le Moi repose :


sur un versant somatique, en tant qu'expression physique de l'association de toutes les sensations corporelles ;


sur un versant psychique, il naît et se développe par les conflits avec le monde extérieur et avec le monde intérieur.


Bien que centre du conscient, le Moi est en partie inconscient par exemple, lorsqu'il est soumis à des projections. La conscience est intermittente, interrompue. Le conscient est un organe de perception et d'orientation tourné en première ligne vers le monde ambiant.


• L'inconscient


L'inconscient état constant, durable, présente trois contenus :


1. contenus inconscients accessibles : position du corps, etc., éléments dont nous pourrions avoir conscience.


2. contenus inconscients immédiatement accessibles : déjà plus coriaces mais on peut y accéder. Ex. : oubli de noms propres etc.


3. contenus inconscients inaccessibles : qui deviennent parfois accessibles d'un coup : Ex. : idées créatrices qui jaillissent de notre esprit de façon inattendue, les pressentiments et les intuitions.


Jung distingue l'inconscient personnel et l'inconscient collectif.


Les contenus de l'inconscient personnel sont acquis au cours de la vie d'un individu. Ceux de l'inconscient collectif sont invariablement des archétypes qui sont présents depuis le commencement.


L'inconscient collectif se manifeste par les archétypes « centres chargés d'énergie », « virtualités formatrices qui modèlent la matière indifférenciée fournie par le sens de l'énergie psychique ». Elles prennent forme par des images possédant une forte charge émotionnelle.


« Un archétype en son état latent non projeté ne possède pas de forme déterminée et précise, mais est en lui-même une structure indéfinie qui ne peut assumer de formes définies qu'à travers la projection ».


Il a étudié particulièrement les archétypes auxquels il a donné des noms qui sont restés célèbres : La personna, l'ombre, le couple anima-animus, le vieux sage et la grande mère.


Si Sigmund Freud a fait de l'Ego ou Moi le centre de la psyché, et de l'inconscient essentiellement une instance de refoulement, il existe pour Carl Gustav Jung un centre de l'ensemble psychique qui contient le conscient et l'inconscient, ce centre se nomme : le Soi.


La rencontre du Moi et du Soi par la prise de conscience des processus inconscients est la finalité d'une analyse.


• La dynamique de la Psyché


La psyché : âme en grec, signifie pour Jung la totalité des processus conscients et inconscients. Cet ensemble du système psychique est en continuel mouvement énergique pour s'ajuster à la fois au monde extérieur et à l'inconscient.


C'est cette énergie psychique que Jung nomme libido. Il élargit par là même le concept Freudien qui concerne les tendances sexuelles dans leur ensemble.


Cette énergie psychique, énergie vitale ou libido répond à des lois qui sont les mêmes que celles qui régissent la physique.


Ainsi, il y a conservation de l'énergie : la quantité dont dispose un individu reste inchangée. L'énergie se déplace d'un objet à un autre objet substitut du premier et peut se transférer du conscient à l'inconscient quand surgit un problème névrotique par exemple.


• Opposition des contraires


Pour garder un certain équilibre les forces opposées doivent se régulariser entre elles et plus grande sera la tension des couples opposés (conscient-inconscient, intro-extra, etc.), plus grande sera l'énergie. Cet équilibre n'est pas statique, mais animé d'un mouvement et il a une direction. La libido peut donc être progressive ou régressive, s'écoulant entre deux pôles.


La libido progressive répond à un mouvement en avant et à une activité dirigée vers le conscient. L'énergie se dégage librement et sert à l'adaptation au monde extérieur mais aussi au monde intérieur car elle s'exerce aussi bien dans l'introversion que dans l'extraversion.


Elle facilite l'extériorisation et la bonne adaptation de l'individu aussi bien au monde qui l'entoure qu'au propre contenu de son inconscient.


La libido devient régressive quand l'adaptation consciente se fait de plus en plus difficilement. Il s'effectue alors un mouvement en arrière qui répond à des demandes inconscientes et cela peut entraîner une régression partielle de l'individu. Ce n'est pas forcément néfaste et ce retour sur soi-même peut être un ressourcement nécessaire pour reprendre contact avec son monde intérieur. Mais il peut également signaler la fixation à un stade Freudien.


La libido peut être bloquée si elle est canalisée de façon trop rigide et au lieu de s'extérioriser, elle régresse et selon la loi de la conservation psychique, entraîne une déperdition de l'énergie mise à la disposition du conscient.


Ce qui correspond à la névrose, le refoulement créant une barrière, l'adaptation est alors compromise.


Ainsi toute l'œuvre de Carl Gustav Jung est basée sur ce principe de polarité : au conscient s'oppose l'inconscient, au sein de la psyché d'autres couples d'opposés devront s'équilibrer : l'instinct et l'esprit, l'introversion et l'extraversion, les quatre fonctions dans leur jeu entre elles, l'anima dans la psyché de l'homme, l'animus dans celle de la femme.


• Le moi et son adaptation au monde extérieur


• Types d'attitude


Jung a distingué en fonction de son observation de la différence de l'appréhension de l'extérieur par des malades hystériques et par des malades atteints de démence précoce, deux attitudes de base différentes : deux positions fondamentales dans le principe d'organisation de la vie psychique qui ne sont pas des comportements : l'introversion et l'extraversion à ne pas confondre avec le sens courant du langage usuel.


Un introverti Jungien peut s'extérioriser, de même qu'un extraverti de Jung peut rester silencieux, ne pas avoir un comportement expansif et vivre une certaine intériorité.


• Introversion


C'est le mouvement de la libido vers le dedans du sujet. Ce fait traduit un rapport négatif du sujet à l'objet. L'intérêt ne va pas vers l'objet mais s'en retire et revient sur le sujet. Un repli vers l'intérieur du sujet.


L'introverti tient compte des données subjectives extérieures, et s'oriente suivant des facteurs endogènes. Ainsi, il se rend bien compte des conditions extérieures, mais il donne la prépondérance aux déterminants subjectifs qu'il croit plus importants. Il s'appuie aussi sur la constatation que l'expression extérieure fait naître en lui. Il n'attribue à l'objet qu'une valeur secondaire, c'est le sujet qui compte avant tout.


Attitude de repli sur soi, ce sont souvent des solitaires, timides, portés à la méditation, des artistes, savants, chercheurs.


" Le monde est tel qu'il m'apparaît".


• Extraversion


Signifie orientation de la libido vers le dehors. C'est un rapport du sujet à l'objet tel que l'intérêt subjectif se meut positivement vers l'objet. Se tourner vers l'extérieur. L'extraverti pense, agit par rapport à l'objet. Ses intérêts sont extérieurs. Il tend à jouir de tout ce que le monde peut lui apporter. Il est avide des gens, des choses, il recherche les contacts, se lie facilement.


Il tient compte des données objectives extérieures, les facteurs exogènes. Ainsi pour l'extraverti la vie se trouve réglée et régulée avant tout à travers les relations concrètes avec les êtres.


Il a donc un rapport positif à l'objet et s'oriente selon les données du monde extérieur. Il y adhère en acceptant, sans les contester les règles et les conventions avec un esprit objectif et réaliste, tout en gardant des idées personnelles.


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