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La synastrie



La « Synastrie » utilisée en astrologie est une méthode d’interprétation et de compréhension des interactions entre deux thèmes astraux. C’est une procédure qui consiste à superposer les énergies astrales d’une personne avec une autre, en une seule et même carte.


On fait ensuite la liste des positions planétaires de chaque personne par rapport aux positions planétaires de l’autre. On énumère ainsi systématiquement la position des planètes de l’une dans les maisons natales de l’autre, puis on note les interaspects entre les planètes d’un thème à l’autre.


On appelle « Synastrie » cette méthode de comparaison des énergies qui se trouvent dans les thèmes astrologiques.


Je donne un exemple rapide et caricatural, mais pas si éloigné que ça de la réalité :


Un papa a un fort accent planétaire dans le signe du Scorpion. Évidemment, pour rester en bonne santé psychique « notre papa » s'intéresse à la vie en fonction des énergies qui sont les siennes. Et il a parfaitement raison. Il est centré sur lui-même et ses énergies. Son ego est ainsi construit. Il aime les secrets, il lit des romans policiers avec des intrigues, n’est pas homme à se confier beaucoup, bref notre papa acte ses énergies Scorpion qui sont de l’ordre d’une nature extrêmement ambivalente, faite de contraires au cœur d'une lutte entre ses instincts et son mental. Il est toujours pris entre l'ange et la bête et est souvent plein de contradictions intérieures, de complexités. Il est attiré par les extrêmes, les contraires, les oppositions, il a un grand besoin de s'imposer, d'être le chef, le guide, il est très créatif, artiste, doué pour l'occultisme et la métaphysique, etc.


Voilà que lui arrive un jour un fils, un fils avec des énergies Taureau qui sont des énergies à l’opposé de celles du Scorpion. Ce fils pour se trouver intérieurement va demander que des énergies Taureau lui viennent du monde. Ainsi il découvrira en lui-même ce que la psychanalyse appelle l’idéal du Moi. Se connaître soi c’est connaître dans le monde ce qui se trouve déjà en soi. C’est la loi de l’analogie :



« Bannissez une fois pour toutes, avec le mot astrologie, la notion d’influence.


Jamais, au grand jamais vous ne pouvez vous émouvoir devant un tableau, ou en entendant une grande musique, jamais celle-ci ne peut vous émouvoir si vous n’êtes cette musique vous-même. Vous êtes vous-même ce spectacle, mais vous ne le saviez pas et c’est la musique qui vous l’a révélé. Et quand vous pleurez en entendant une grande musi­que, c’est votre âme qui pleure sur elle-même. La musi­que lui a simplement rappelé qu’elle était cette musi­que.


Et si ce n’était pas ainsi, il n’y aurait aucune raison d’avoir la communication sociale, ou de la musique, ou des arts, ou même le langage, ou n’importe quoi. La beauté que vous voyez en dehors de vous, vous ne pouvez la voir que parce que vous avez authentique­ment et intégralement son équivalent en vous-même.


C’est cela la loi d’analogie ».


Charles Vouga



Comment cet enfant va-t-il trouver auprès de son père les éléments psychiques à sa construction ?


Cet enfant Taureau a besoin de concret, pas de secret ni d’occultisme et encore moins de métaphysique. Il a besoin de choses concrètes et tangibles, des choses « qui tiennent dans la main » comme on dit.


Comment va-t-il intérieurement vivre les extrêmes et les contraires de son père ? Comment va-t-il s’y retrouver ? Comment va se dérouler la relation entre des énergies si différentes ?


Comment cet enfant va-t-il recevoir le premier roman d’intrigues policières que lui achètera son père tout en croyant bien faire ? Où La doctrine secrète de H. P. Blavatsky ? Alors qu’il a besoin d’une grue, d’un tracteur et de livres sur l’ingénierie moderne !



N’est-ce pas à un moment donné à l’adulte de comprendre l’enfant et s’y adapter pour le faire grandir selon les forces et les énergies que la nature lui a données ?



Après cet exemple qui ne montre qu’une toute petite partie de ce que peut nous apprendre un travail de Synastrie, je poursuis :


Pour faire une comparaison la plus exacte possible, il faut d’abord faire une interprétation astrologique de chacun des thèmes de naissance. La connaissance astrologique nous permet ainsi de voir plus clairement les forces qui œuvrent dans les relations intimes jusqu’aux profondeurs même de l’inconscient.


Ces données sont précieuses et utiles, car un des plus grands obstacles au bonheur des couples vient de leur aveuglement et de leur inconscience. Ne voyant pas clair dans le jeu de l’autre, pas plus que dans le sien (cf. Le couple, sa vie, sa mortLe mariage névrotique), on ne peut qu’être démuni lorsqu’il s’agit de communiquer avec l’autre de façon positive, face à des problèmes dont on est incapable de trouver l’origine.


Qu’en est-il ensuite lorsqu’arrivent un ou plusieurs enfants qui viennent se mêler aux relations quotidiennes dans le fondement d’une famille ?


Nous avons tous constaté que nous sommes différents selon les personnes avec lesquelles nous entretenons des relations intimes fréquentes et répétées. L’astrologie permet de mettre des mots sur ces diverses influences, et de les circonscrire avec une précision étonnante et stupéfiante. Mettre des mots sur des maux est une grande source d’aide pour mieux comprendre le relationnel.


Chaque thème de naissance comprend toutes les planètes du système solaire, dont la force respective est déterminée par leurs positions exactes et les angles qu’elles forment entre elles, angles que l’on nomme des aspects.


Dans un thème l’énergie de chaque planète peut être activée par le transit d’une autre planète, que ce transit vienne de la position de l’autre planète dans le ciel du jour, ou bien que ce transit vienne du thème d’une personne constamment proche de nous.


Lorsque nous sommes en contact avec une personne, par exemple, dont le Mars natal est en conjonction avec notre Neptune natal, nous sommes portés à jouer le rôle de Neptune, avec tout ce que cela peut signifier, alors même que Neptune n’avait pas forcément une position dominante dans notre thème.


En prenant conscience des divers rôles que nous jouons dans une relation, nous pouvons essayer de modifier le texte du drame que nous interprétons. Par exemple, nous pouvons reconnaître que nous sommes en train de jouer Neptune de façon négative, et nous efforcer de modifier notre attitude et notre comportement afin de le jouer positivement.


Ronald Laing fait de pertinentes analyses à propos de la dynamique des relations humaines. Il remarque par exemple :


« Une femme ne peut être une mère si elle n’a pas d’enfant. Il lui faut un enfant qui lui confère son identité de mère. Un homme a besoin d’une épouse pour être un mari. Un amant sans maîtresse n’est qu’un prétendu amant. Tragédie ou comédie, cela dépend du point de vue. Toute “identité” requiert l’existence d’un autre : de quelqu’un d’autre, dans une relation grâce à laquelle s’actualise l’identité du soi.


Parfois l’autre, par ses actions, impose au soi une identité qui lui déplaît… Un homme souhaite que sa femme le “dorlote”, alors qu’elle souhaite que lui la dorlote. Leurs désirs ne “collent” pas plus qu’ils ne se rejoignent… Si Pierre s’obstine à considérer Hélène comme sa mère, et à se conduire à son égard comme si elle l’était, sans tenir compte de ce qu’elle-même a le sentiment d’être une petite fille en rapport avec sa propre mère, la disjonction entre l’idée qu’il se fait d’elle et l’expérience qu’elle a d’elle-même peut ouvrir un abîme d’incompatibilité qu’aucune collusion ne saurait combler » (Ronald Laing - Soi et les Autres, Paris, Gallimard, 1971, pages 98 et 136).


L’astrologie permet d’approfondir les relations de couple que ce soit entre adultes ou entre enfant et adulte, en donnant des clefs pour une meilleure compréhension et une plus grande écoute de chacun.


La Synastrie, en particulier, peut éclairer bien des projections dont nous sommes inconscients. C’est très utile, car, comme le remarque encore Ronald Laing :


« C’est une performance que de se rendre compte qu’on n’est pas nécessairement celui pour qui on vous prend. Cette conscience du décalage entre l’identité du soi, l’être pour soi et l’être pour autrui est douloureuse. L’on a une forte propension à éprouver un sentiment de culpabilité, d’angoisse, de colère ou de doute si ce que l’on s’attribue à soi-même contredit ce qui vous est attribué par autrui, particulièrement si ces attributions prennent couleur d’injonction » (Ronald Laing - Soi et les Autres, page 193).


Il est vital d’associer astrologie et liberté : on consulte « son horoscope » pour éclairer ses choix, orienter ses décisions, exercer son pouvoir d’agir en dominant toute programmation passée et toute inconscience. Nous n’avons pas à suivre un plan de vie arrêté au moment de notre naissance, même si notre thème natal reflète mystérieusement des caractéristiques psychologiques profondes de notre être au monde. Les scénarios suggérés par notre thème natal sont de l’ordre du jeu dont on ne prend souvent conscience qu’après coup :


« Soixante ans plus tard, celui qui avait cru n’être “rien qu’un petit garçon” qui devait apprendre ceci et cela afin de devenir “un homme”, et qui s’était bourré la cervelle de toutes les autres choses que les hommes racontent aux petits garçons, étant devenus un homme, commence à devenir un vieil homme. Mais tout à coup il se rappelle que tout cela n’a été qu’un jeu. Il a joué à être un petit garçon, puis à être un homme, et maintenant le voici en train de jouer à être “un petit vieux” » (Ronald Laing - Soi et les Autres, page 54).


Dans toute société, il existe des modèles inconscients de comportement et des règles de vie que l’on acquiert par hérédité, ou par éducation, et qui sont comme des instincts chez l’animal, déclenchant des attitudes et des réactions typiques, qui se sont déjà produites des millions de fois dans l’espèce humaine. Mais rien n’est inéluctable, car l’homme est libre. Et c’est précisément sa liberté qui l’angoisse quand il doit prendre des décisions.


Alors, il peut se faire aider par un astropsychologue. Celui-ci préserve la dignité des personnes qui s’adressent à lui en leur enseignant que le bien suprême est la liberté :


« Si l’on ne se sent pas consolé, soulagé que quelqu’un, au plus fort de ses souffrances, ait néanmoins le courage de dire : ce n’est pas le destin, c’est ma faute ; si l’on ne se sent pas consolé, soulagé, quand on vous le dit sincèrement, sérieusement, c’est qu’on manque de profondeur éthique ; car l’homme vraiment éthique ne craint rien tant que le destin et autres balivernes esthétiques, qui ne cherchent, sous le manteau de la pitié, qu’à lui voler son vrai trésor : la liberté » (Sôren Kierkegaard, Le Concept d’angoisse, Paris, Gallimard, 1935, page 175).


Avant de comparer les thèmes point par point, il faut évidemment étudier chaque thème séparément et globalement. Cela permet de deviner déjà certaines des sources probables « d’incompatibilité » entre les deux personnes. Nous fonctionnons différemment les uns des autres, parce que notre tempérament et nos priorités ne sont pas les mêmes, et il peut en résulter beaucoup de malentendus si nous n’en prenons pas conscience. On risque à tort de croire que l’autre ne nous aime pas, simplement parce qu’on est incapable de comprendre le sens de ses attitudes à notre égard. Il faut donc situer son propre comportement et celui de l’autre dans son contexte naturel, pour ne pas se tromper dans ses jugements.


En astrologie, on distingue quatre éléments dont le mélange et le dosage en chacun de nous définissent notre tempérament. Ces éléments sont le Feu, la Terre, l’Air et l’Eau. Notre personnalité est plus ou moins marquée par un de ces éléments, selon le nombre de planètes trouvées dans les signes et dans les maisons correspondantes à cet élément. Il faut aussi tenir compte de l’influence des planètes : un Uranus fort augmente notre capital Air, un Saturne fort augmente notre capital Terre, une Lune forte augmente notre capital Eau et un Mars fort augmente notre capital Feu.


Si on n’a aucune planète permettant de marquer des points dans un élément, il est possible d’être allergique aux personnes marquées par cet élément, ou au contraire de rechercher avidement leur compagnie afin de se rééquilibrer. Par exemple, si on manque totalement d’Eau, et qu’on est surtout Terre et Feu, ou Terre et Air, on peut être attiré, ou rebuté par les personnes à dominante Eau.


La synastrie est utile pour comprendre les échanges qui se produisent dans le vivant, car le vivant est soutenu par des forces. Des forces astrales en particulier.




Thérapeutique

« La « Synastrie » utilisée en astrologie est une méthode d’interprétation et de compréhension des interactions entre deux thèmes astraux »


« Ainsi il découvrira en lui-même ce que la psychanalyse appelle l’idéal du Moi »

« Comment cet enfant va-t-il recevoir le premier roman d’intrigues policières que lui achètera son père tout en croyant bien faire ? »

« En prenant conscience des divers rôles que nous jouons dans une relation, nous pouvons essayer de modifier le texte du drame que nous interprétons »

« Il est vital d’associer astrologie et liberté :

on consulte "son horoscope" pour éclairer ses choix, orienter ses décisions, exercer son pouvoir d’agir en dominant toute programmation passée et toute inconscience »

« La synastrie est utile pour comprendre les échanges qui se produisent dans le vivant, car le vivant est soutenu par des forces »