Idées délirantes


Thèmes fréquents


Les idées délirantes sont variées, mais ont des caractéristiques dominantes.


Persécution : harcelant le malade, type « les », ou « ils » désignant une puissance secrète.


Grandiose : idées mégalomaniaques concernant :


une capacité exceptionnelle (rôle pour une mission glorieuse, sixième sens…) ; - la filiation d'un personnage historique ou mythique ;


• l'incarnation d'un personnage prestigieux doté d'un don ou d'une puissance extraordinaire (missionnaire, inventeur, Docteur, savant, créateur…).


Érotique : type « Je vois assez souvent en vision l'homme dont j'ai peur en ce moment. Il essaie de se montrer à moi de diverses façons : ou en prenant l'air à sa fenêtre, ou étendu sur mon corps lorsque je suis couchée. Je le devine, cela me gêne. Il essaie de se découvrir à moi, ce qui me fait souffrir ; et il essaie de me faire ressentir des choses auxquelles je ne dois pas penser. ».


Mystique : lien avec des puissances transcendantes ou des divinités (mission, prophétie, rôle salvateur ou malédiction), type : « On m'envoie des visions la nuit. Pendant une de ces nuits, tout d'un coup je vis se dresser devant moi une grande croix de bois brun sur laquelle se trouvait crucifié un jeune homme sans vêtement… tout au moins, il en avait si peu. ».


Hypocondriaque : thèmes de maladies plus ou moins mystérieuses, d'invasion du corps par des insectes ou microbes, par des possessions maléfiques, type : « Elle prétendait avoir plusieurs cancers, qui lui rongeaient le cœur ; elle en avait un qui lui était descendu dans la bouche jusqu'au cœur et qui motivait à ses yeux. ».


Conséquences du délire


Dépersonnalisation : le malade ne parvient plus à coordonner ses signes d'identité ni à rassembler les informations sur sa fonction de sujet. Le malade ne reconnaît pas son monde, ni lui-même dans le monde, type « Oui, il me force à obéir ; je ne suis pas maîtresse de moi-même. Poussée par cette volonté, je puis tout faire, même le crime, même me détruire si c'est sa volonté. Il a déjà essayé. J'obéis à tout, c'est irrésistible. Il me domine malgré ma révolte constante ; la nuit, il veut me faire faire des choses honteuses. ».


Irréalité : l'étrangeté et l'atmosphère délétère globale font un contraste violent avec la certitude de la conviction délirante (adhésion totale au thème délirant (exemple : mission à accomplir en urgence pour punir les damnés, inverser le cours de l'Histoire, sauver les repentis).


Apragmatisme : le malade perd le sens de la réalité, il perd le sens pratique et sa responsabilité, il est isolé dans l'irréalité.


État de perplexité, confusion, onirisme : le malade cherche à remettre de l'ordre et du sens dans ses impressions, mais avec du matériau insensé.


Agressivité : sont susceptibles de provoquer soudain un « raptus » violent : la sensation d'être forcé ou envahi ; la conviction délirante ; le but de « nettoyer le mal » (démarche d'assainissement).


Évolution des BDA


Les BDA sont sensibles au traitement pharmacologique précoce.


À court terme


Disparition en quelques jours ou quelques semaines.


Vers troubles bi-polaires


Manie délirante :


accélération psychomotrice, avec excitation, agitation, fuite des idées ;


exaltation de l'humeur, avec euphorie, jeux de mots, taquineries ;


absence de fatigue, rythme accéléré « à l'énergie », insomnie ;


idées délirantes sur thèmes érotiques, de séduction, de racolage…


Mélancolie délirante :


ralentissement psychomoteur ;


distanciation et perte de goût pour la vie ;


asthénie, fatigue, lourdeur d'une existence subie ;


idées délirantes d'échec, de faute, d'indignité, d'incurabilité, de dégoût.


Vers psychoses chroniques :


Deux types de psychoses selon le critère de l'auto-perception de Soi chez le malade :


Le Soi demeure un pôle de l'action et de la pensée : il est représenté comme point constant en relation avec le monde et il est « non-dissocié ». Les BDA peuvent évoluer en psychoses chroniques à caractère non-dissociatif, avec délires paranoïaques, hallucinations chroniques et paraphrénies.


Le Soi n'est plus perçu comme pôle : il est « dissocié ». Les BDA peuvent alors évoluer en psychoses chroniques à caractère dissociatif : les schizophrénies.


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