Perversion


Le malade pervers souffre de pathologie narcissique : il est autocentré, il cherche à tirer profit des situations qu'il organise à son avantage, se soucier des règles de la vie collective, dont il s'arrange en les contournant.


Son discours « fait de l'embrouille », sans engager réellement l'auteur. Le pervers narcissique « n'a pas de parole » ; malheur à qui se fie à ses dires.



Mécanisme


La normalité est le meilleur déguisement du pervers.


D'apparence aimable et serviable, il aliène autrui, l'utilise.


Il exploite volontiers les fragilités psychologiques ou sociales de ses victimes en jouant de leurs faiblesses, de leur crédulité, de leur dépendance. Par le jeu de promesses et gratifications faciles, il donne l'illusion qu'il représente un appui fiable.


Manipulateur, le pervers place l'autre au service de son seul plaisir.


Il vampirise sa victime : une fois créé le lien, il vit en extorquant l'énergie vitale de sa victime, qu'il pousse à bout. Il la conduit à la dépression, à la démission professionnelle, au divorce, à la lutte interminable pour la garde des enfants, parfois au suicide : il pompe, il use.


Le pervers est un « bourreau roucoulant », amoral (Surmoi inconsistant), trompeur.


Étiologie


En étant enfants, les malades ont connu l'éducation par la loi, d'où l'apparence de normalité. Mais ils n'ont jamais réellement intégré le principe de celle-ci (castration par le symbolique) :


pour eux la loi et l'organisation sociale ne sont jamais prises au sérieux ;


on peut jouer avec, et même s'en jouer.


Fascinés par la nécessité de leur jouissance absolue et continue (principe de plaisir), ils concèdent simplement à la loi de réguler leur pulsion pour donner le change, pour faire durer le temps « suspendu » à l'avancée de la séduction (durée du charme, dans le merveilleux).



Dangerosité pour autrui


En profondeur envahis par leur pulsion de mort, les malades pervers détruisent, n'échangent pas réellement, ne partagent pas sous la régulation de la loi.


Avides de réplétion absolue personnelle, ils dénient à l'autre les caractéristiques de son existence indépendante : ils le vampirisent jusqu'à le réduire au statut d'objet utile.

Appâtée avec des promesses enjôleuses, la victime « se donne » corps et âme jusqu'au point de non-retour. Elle subit passivement son sort, en évitant de douter du bien-fondé de la pseudo-protection par son bourreau.


Mise en état de dépendance, la victime se voit peu à peu vidée psychiquement parce que le « protecteur » martèle mieux savoir ce qui lui convient et prétend penser à sa place. Jamais encombré d'émotions qu'il n'éprouve pas, froid et cynique, le pervers fait porter à autrui la responsabilité de « ce qui ne marche pas » qu'en douce il détruit lui-même.


Ainsi la victime est amenée à s'accuser de la faute.


Faiblesse de fond


Le dénigrement systématique du partenaire sert à autojustifier la prétendue suprématie de soi.


La faiblesse structurelle oblige le malade à une rigidité psychologique : faire croire en sa puissance pour masquer sa fragilité ; refuser l'apport extérieur pour ne pas se mettre en danger.


S'il est pris à son jeu, le pervers inverse les situations (il « retombe vite sur ses pattes ») : se fait alors passer pour victime de ceux auxquels il prétend avoir tant sacrifié de ses propres intérêts, soi-disant pour les aider. Il réclame réparation.


Ne se remets pas en cause, puisqu'à ses yeux, l'autre, la société, les règles, doivent être à son service.


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