Démences


Les syndromes démentiels correspondent à une maladie s'aggravant inexorablement, même s'il existe parfois quelques périodes de rémission.


La déficience mentale devient de plus en plus invalidante pour la personne vieillissante, a fortiori dans notre société technocratique et bureaucratique (qui sollicite des compétences friables).



Processus menant de l'amoindrissement à la dépendance


Alarmes


Oublis (de mémoire immédiate), mauvaises interprétations de situations pourtant habituelles, inquiétude devant un changement, inhibition par perte de confiance en soi, demandes pour se rassurer, répétition de souvenirs anciens, opérations simultanées de plusieurs domaines moins bien réalisées.


L'entourage se doit de contrôler a posteriori le comportement.


Décalage


Les écarts se creusent avec la normalité et avec l'habitude. L'identité change : période d'anxiété, d'agressivité ou d'auto-agressivité, sentiment d'impuissance.


Affaiblissement des opérations cognitives d'encodage (information transformée en base mémoire) et de récupération (accès à la trace et restitution de l'information).


L'entourage est en alerte fréquente, il tente de (se) rassurer par un contrôle préventif et des recommandations (fais attention à, n'oublie pas de, pense à…).


Subordination


Les malades tentent de compenser, de donner le change.


Mais la vie quotidienne est subordonnée à l'aide de quelqu'un. L'accompagnement vise à faire utiliser les aspects de la personne qui « tiennent » : il faut continuer à faire profiter de sa présence, de la vie affective, de ce qui reste des relations et des expressions.


L'entourage est réquisitionné en permanence, il corrige, il compense les défaillances. Il court le risque de fatigue et de burn out.


Dépendance


Perte de tout repère, l'expression ne suit plus l'intention, l'identité disparaît, la personnalité autonome s'effondre définitivement. Le malade et son accompagnement deviennent une dyade interdépendante.


La dépendance du malade et la contre-dépendance des aidants sont très difficiles à vivre dans la durée.



Syndrome global de la détérioration mentale


Dépendance aux autres progressive.


Tentative d'établir un lien fusionnel avec les proches.


Pertes cognitives remarquées assez tôt par l'entourage.


Perte de la fluidité verbale, puis de la communication symbolique.


Indétermination devant un choix, même simple, avec perplexité.


Apraxies (même les gestes innés élémentaires de survie).


Troubles du déplacement, défaillances d'équilibre, puis chutes.


Déshydratation, malnutrition, négligence d'hygiène.


Troubles de l'humeur, avec agacement, impatience, puis intolérance ou apathie morne.



Syndrome pour la maladie d'Alzheimer


La plus fréquente des démences, maladie évolutive actuellement incurable.


En phase commençante


Moments d'amnésie (surtout sur mémoire immédiate).


Agitation avec brusques levers, démarrage et déambulation accélérée sans destination.


Désorientation temporo-spatiale, malaise et inquiétude de ne plus s'y retrouver, de ne plus être sûr du trajet habituel, perte de repères, difficulté à penser abstraitement un parcours.


Apparition d'agnosie et d'apraxie : difficultés à penser et à agir dans toute situation nouvelle, perte de fiabilité en conduite automobile, achats malaisés (comparaison des prix et estimation du rendu de monnaie embarrassées).


Lenteur idéelle et expressive. Irritabilité, anxiété, méfiance inquiète.


Périodes de retour de lucidité.


Maintien des automatismes (toilette, repas simple, courses, réunions…).


En évolution négative


Accroissement des déficits cognitifs, manque de réactivité.

Aphasie.


Agitation (surtout le soir), parfois violence verbale, exhibition…


Somnolence (de jour), apathie.


Humeur acariâtre (sentiment de préjudice, agressivité en retour, irritabilité).


Fugues (fuites réfléchies pour quitter un lieu contraignant ou fuite irréfléchie devant de soudaines contraintes et de l'agression).


Errance (perte totale du repérage, du chemin de retour).


Trouble ou disparition des automatismes (laisser aller, oubli d'argent, oubli du sac, paiement impossible).


Déficiences physiques de la marche, des gestes quotidiens, de la déglutition.


Impératif éthique


Les démences sont une maladie. Le malade soigné doit recevoir le respect dû à sa dignité d'être humain, a fortiori dans sa position faible et invalide.


Frein à l'involution : échanger beaucoup (les visites, mais aussi l'encadrement soignant) pour que les symbolisations continuent à dresser un cadre à l'identité, une image de soi.



Surveillance


Les TS sont fréquentes chez les personnes âgées, dès lors qu'un épisode malheureux :


vient actualiser une tendance dépressive ;


précipite la conscience de l'existence dépendante jugée sans valeur.

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