Psychopathologie et petite enfance


Le développement de l'enfant, puis la construction de la personnalité au moment de l'adolescence, sont affectés et troublés par des émotions qui ne sont pas normalement régulées par la symbolisation. Dans ces cas, un « traumatisme pathogène » marque le psychisme.

Conséquences possibles du traumatisme :


une « fixation » (tel un abcès), empêchant que la progression se fasse normalement ;


un dysfonctionnement des conduites de l'enfant ou de l'adolescent.


Pour aider - voire soigner - des enfants ou des adolescents en difficulté de développement de personnalité ou déjà en déshérence sociale, s'est imposée courant XXe siècle, une psychopathologie infanto-juvénile.


Celle-ci fait suite aux préoccupations de médecins, d'hygiénistes, de pédagogues, qui remontent loin à propos d'enfants loups, d'enfants des peuples primitifs, d'enfants sauvages, puis bénéficient de la science.


Dans le passé


La science du XIXe siècle a tenté de fixer des notions :


les idiots ont l'incapacité innée à combiner des idées communes ;


les imbéciles ont une faiblesse des acquisitions ;


les débiles mentaux souffrent de faiblesse du système nerveux et du psychisme.


À la fin du XIXe siècle Désiré Bourneville installe une organisation institutionnelle pour s'occuper des enfants idiots des asiles. Naissent pour ce faire des sections adaptées au potentiel intellectuel et aux troubles respectifs des enfants et adolescents. Dirigées par un médecin en accord avec des pédagogues, elles profilent les instituts médico-pédagogiques, les instituts médico-professionnels et les centres d'aide par le travail qui naîtront au milieu du XXe siècle. Bourneville pousse à l'instauration d'une loi qui aiderait les enfants placés en asile à perfectionner leur scolarité dans des classes adaptées.


Mais le psychologue Alfred Binet invente de son côté une modalité de mesure du quotient intellectuel (le QI), qui favorise les « normaux » et condamne les asilaires à rester à la marge de l'instruction : les « classes de perfectionnement », où sont regroupés les QI faibles, sont le délestage de l'École et ne joueront jamais leur rôle de promotion des ratés du système.


Georges Heuyer, psychiatre, est le premier à introduire dans les institutions pour jeunes les références théoriques de la psychanalyse freudienne. Il oriente les méthodes médico­éducatives vers une meilleure prise en charge des problèmes personnels des enfants et des adolescents.


Le vaste domaine de « l'enfance inadaptée » s'organise dans les années 1955-1970. Les idées psychanalytiques ont profondément pénétré les milieux de la psychopathologie et ceux de la rééducation. Elles insistent sur le parcours psychodynamique du jeune, qui doit résorber les « dysharmonies » constatées sur les plans cognitifs, affectif et social.


Le psychiatre psychanalyste Roger Misès inspire un grand nombre d'équipes médico-sociales et pédagogiques qui, pour aider, donnent du sens à la présence de l'enfant en institution et à sa prise en charge éducative.


Psychopathologie de la petite enfance


Les connaissances récentes de la psychanalyse, celles des psychologies génétique et cognitive se combinent pour modéliser les irrégularités du développement.


Étiologie : facteurs biologiques


Anomalies chromosomiques.

Infections néonatales et embryopathies.

Intoxications.

Anomalies cérébrales.


Facteurs indirects


Les réflexes neuromoteurs du bébé ne sont pas relevés par un relationnel pauvre et passif.


L'échange affectif est rare et morne. Il y a peu d'interactions par carence d'échanges : dépression rapidement observable chez le nourrisson.


Pas de rééquilibrage confortable après un manque ou un inconfort (pas de « résilience »). L'échec conduit à la dépression.


Un syndrome de carence existe quand le lien ne se fait pas : le lien social sera toujours fragile et mal défini aux yeux du jeune, constamment en danger de rupture (cf. les « états limites » en particulier chez l'adolescent et chez le jeune adulte).


René Spitz a décrit le syndrome négatif de « l'hospitalisme » : la séparation prolongée mère-bébé produit des réactions de détresse (alternance de colère et de tristesse) qui installe ensuite de l'indifférence et de l'apathie.


Aldo Stern a décrit (1 995) les diverses manières qu'a le nourrisson d'être avec une mère déprimée ne répondant pas à son attente. Le visage devient moins expressif, sa posture est moins tonique, son activité se réduit.


Mérycisme : vers le second semestre des vomissements répétés sans cause somatique : le bébé « vomisseur » manifeste un refus et un rejet à l'occasion d'événements venus perturber ses relations.


Le contexte de la naissance surdétermine les conditions affectives de la tétée (enfant voulu ou non, genre de l'enfant, histoire familiale, etc.) : « blocages affectifs », signes d'un désaccord profond entre les géniteurs et le nouveau-né.


Au cours des premiers temps, spasmes du sanglot et troubles du sommeil, eczéma ou pelade doivent attirer l'attention sur le complexe relationnel familial et sur la mauvaise qualité affective des conditions d'élevage : bébé mal dans sa peau.


Certains contextes ne jouent pas la fonction de dialogue et laissent la gestuelle :


passive : peu de tonus (atonie), pas de vigilance, pas de spontanéité ;


ou sans orientation : pas d'attention fixée, incoordination, instabilité.


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