Carences d'appareil mental


De mauvaises réactions aux frustrations pendant l'enfance provoquent plus tard des troubles psychiques.

Étant petit enfant, le sujet ne parvenait pas à surmonter ses frustrations. Il ne relativisait pas sa souffrance,

il ne trouvait pas de compensations,

il ne dépassait pas un vécu de carence.


Ratés


L'appareil à s'illusionner (imaginaire) puis à se désillusionner au bénéfice de la prise en compte des réalités (symbolique) dysfonctionne gravement. Il n'y a pas de confiance dans le psychisme.


Causes


Le psychisme n'illusionnait pas assez (pas de « bon sein »).


Le psychisme mal réglé faisait mal (« mauvais sein agresseur »).


Le psychisme trompait trop bien trop longtemps (fascination béate par la fiction, autoérotisme, narcissisme complaisant).


Le psychisme a mal négocié sa confrontation au réel (ses impossibilités sont niées).


Le psychisme a mal négocié sa confrontation au symbolique (ses règles sont niées, la « castration symbolique » ne produit pas d'effet).


Le psychisme ne tolère ni obstacle, ni contrainte, ni partage, ni échange.


Le psychisme fatigue et déçoit : attendre, penser, inventer… dépense de l'énergie, oblige à exprimer, à se représenter des choses.


Clinique


Intolérance aux frustrations : violentes colères, agitation, conduites d'entêtement obstiné, conduites d'évitement des frustrations.


Manque de patience, émotivité, irritabilité : le malade est « réactif », « sensitif », « impatient » ; les effusions affectives le dominent ; il ne « contient pas » ses sentiments agressifs ; incapacité à « se raisonner », à relativiser son échec, à espérer une compensation alternative à sa frustration.


Faiblesse d'imagination, blocage obstiné, sensation d'impasse : mise en état de dépendance passive ; le malade « se mure » dans son idée fixe d'obtenir satisfaction (« point barre ! »).


Pauvreté inventive : rêveries stériles fixées sur l'objet envié, projets liés à l'objet convoité mais sans lendemain ; programme sclérosé sur l'objectif frustré.


Sentiment d'abandon : le malade se sent lâché, n'établit pas de relation de confiance ; solitude.


Égotisme, égocentrisme, repli sur soi : narcissisme et relations capricieuses isolent le malade, rejeté pour son irritabilité et son « mauvais caractère », voire sa « prétention » aux yeux d'autrui.


Envie, jalousie : priorité aux satisfactions de soi immédiates et illimitées ; les objets détenus par autrui (paraissant le combler) sont systématiquement convoités ; ne pas les obtenir suscite un immense sentiment de profonde injustice ; passages à l'acte (violence, vol) pour se les approprier ;


Pas de relativité, pas de projection dans la durée : convoitise immédiate, le malade ne sait pas différer, repousser, espérer, échanger, relativiser sa situation et attendre l'amélioration autrement.


Conduites impulsives, désordonnées, stupeur : la pauvreté symbolique condamne à la réaction instantanée, « réflexe » sans mesure, sans régulation, sans programme, sans suivi.


Manque d'organisation, de lucidité, d'expression tactique : langage fruste et pas de projection, le malade « ne domine pas » la situation, « il est dominé » par ses sens.


Séquelles dans l'utilisation des fonctions mentales (handicap intellectuel) et des fonctions affectives (fixations infantiles, perversité) : le malade ne peut pas « prendre de recul », il « colle à la situation de frustration » ; il n'est pas « raisonnable » (peu sensible à la raison).


Évolution


Les réactions « caractérielles » du sujet aux frustrations entraînent des contre-réactions de son entourage (intolérance, surprotection, tolérance résignée, rejet).


Des délires à deux ou à plusieurs sont les dérives pathologiques de systèmes tentant de s'équilibrer entre eux (système avec l'entourage plus ou moins perturbé).


La vie systémique avec l'entourage influence grandement l'évolution et le pronostic : en positif, s'il y a aide à la reconstruction mentale ; en négatif, en crispant les situations et multipliant les rigidités de part et d'autre.


Les carences d'appareil mental bénéficient des psychothérapies (affectives et cognitives) soit en suivi individuel, soit (mieux) en psychothérapie familiale.

UE 2.6 Psychopathologie Navigation Ateliers Accompagnement Plan du site Mentions légales Les grands dossiers Contact Articles Questionnements Tables rondes