Modernité et science face aux psychoses


Psychanalyse


Dans les années 1960-1970, le psychiatre psychanalyste Jacques Lacan établit que le patient psychotique :


souffre d'une faille dans le système symbolique ;


ressent que les paroles lui viennent du dehors, appartiennent à un Autre qui les énonce à sa place ;


ne peut assumer une posture de sujet parlant son désir, car un fragment insoutenable d'un désir ancien interdit n'a pas été symbolisé : il est « forclos » (rejeté, expulsé au dehors de soi) ;


reçoit plus tard ce fragment non symbolisé sous forme d'hallucination externe, comme s'il appartenait à quelqu'un d'autre ;


attribue ce sens non reconnu à une puissance symbolique extérieure, un Autre qui parle en lui, qui lui montre des choses ;


se ressent et se proclame victime (de harcèlement, voix, pénétration, visions…).


Psychiatrie biologique : cures, médicaments


Cures


Au cours du XXe siècle, l'axe biologique de la psychiatrie utilise les progrès techniques.


À partir de 1935, la lobotomie est une technique très utilisée pour tenter de réduire les effets de plusieurs types de psychoses. Il s'agit d'une chirurgie de section ou altération d'un lobe cérébral afin de restreindre l'activité symbolique du cerveau. Cette technique suscite une vive polémique : les dégâts sur l'ensemble de la personnalité sont considérables ; l'existence des malades devient une vie « végétative ». À partir des années 1960-1965, les médicaments neuroleptiques suppriment ce recours chirurgical.


Pour soulager les états mélancoliques, est mise au point de la sismothérapie, train de chocs électriques légers envoyés au cerveau.


Pour traiter la schizophrénie, le docteur Manfred Sakel crée des cures par comas hypoglycémiques provoqués par absorption d'insuline, dites « cures de Sakel ».


Pour traiter les états d'angoisse et les dépressions, sont utilisées plusieurs formules de cures de sommeil sous narcose ou sous tranquillisants.


Médicaments


Henri Laborit découvre les propriétés myorelaxantes du Largactil® (En 1952). C'est l'arrivée des neuroleptiques, médicaments ciblés. En abaissant l'angoisse et l'agitation des malades, ils régulent les conduites, rétablissent échanges et relations avec l'entourage.


À Paris, dans les années 1950-1965, les psychiatres Jean Delay et Pierre Deniker mettent au point des traitements antidépresseurs et antipsychotiques :


aide à la resocialisation des malades ;


aide aux relations psychothérapiques (avec le médecin) et sociothérapiques (avec l'équipe soignante) ;


utilisation de la molécule chlorpromazine.


En Suisse, le psychiatre Roland Kuhn découvre l'action antidépresseur de l'imipramine.


En 1960 est reconnue l'efficacité du lithium sur les troubles de l'humeur (Librium®, Valium®).


Suit la large diffusion des neuroleptiques dans les années suivantes, des anxiolytiques et des normoleptiques, permettant aux malades des sorties prolongées, des séjours en famille, des guérisons.


Antipsychiatrie


Le mouvement de l'antipsychiatrie (années 1965-1980) conteste la distribution de médications inappropriées ainsi que la violence institutionnelle asilaire.


Origines


Les anthropologues montrent que les formes de désordre recèlent aussi des valeurs positives et la psychanalyse attribue au conflit un rôle moteur.


Mouvement


Sous l'influence de leaders psychiatres ( R. Laing, D. Cooper, F. Basaglia, L. Bonafé et F. Tosquelles) sont développés :


l'intérêt pour le sens des symptômes et le vécu malade ;


l'intégration sociale ;


l'accompagnement individualisé.


L'antipsychiatrie inspire la psychiatrie de secteur, privilégiant :


petites structures réparties dans la cité ;


véritable formation du personnel de santé ;


rôle psychothérapique des divers acteurs d'équipes dédiées au programme de soin

individualisé.

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