Psychanalyse et psychodynamisme


Au XXe siècle, deux grands courants de médecine humaniste considèrent le vécu de la personne malade, mais confèrent une place différente au tandem conscience/inconscient.


La psychanalyse de Sigmund Freud


Il établit l'existence de l'inconscient.


À partir d'études de cas très fouillées, Freud établit un corpus théorique qui bouleverse la nosographie, en distinguant nettement névroses et psychoses.


Modélisation théorique : le désordre psychique provient du conflit inconscient entre les pulsions inconscientes et la censure qui tente d'en réguler les exigences de satisfaction.


Les crises affectives intimes sont le moteur de la vie psychique de tout un chacun.


Accueillie favorablement aux États-Unis dans les années 1920, la technique psychanalytique se répand, mais elle provoque aussi de vives résistances : la notion d'un inconscient, composé de pulsions à visée sexuelle comme moteur des conduites, choque l'establishment.


La psychanalyse est une psychothérapie qui opère par trois analyses :


l'analyse du transfert affectif de la personne névrosée sur la personne du thérapeute ;


l'analyse du contre-transfert que réserve le psychanalyste à cette projection de sentiments infantiles sur lui ;


l'analyse des résistances à la prise en compte par le malade de la vie psychique inconsciente déterminant ses conduites à son insu.


Les ratés de l'expression symbolique expriment comment des désirs interdits refoulés cherchant néanmoins leur satisfaction provoquent des pathologies mentales (régressions, fixations).


Le travail psychique en psychothérapie porte sur les paroles de l'analysant évoquant souvenirs, rêves, fantasmes, émois.



Psychologie dynamique et phénoménologie


Dans le cadre de l'étude des psychoses, au tournant du siècle et jusque dans les années 1930, le psychologue Pierre Janet établit les bases du psychodynamisme :


l'automatisme mental organise, selon ses propres règles linguistiques, la pensée du malade ;


la pensée automatique est faite d'obsessions, d'idées fixes, de troubles de la pensée intérieure.


À partir de la seconde moitié du XXe siècle apparaît l'école de la phénoménologie (Karl Jaspers, Eugène Minkowski, Henri Ey, Ludwig Binswanger, Arthur Tatossian) qui se centre sur le vécu psychopathologique du délirant : l'analyse existentielle.


Eugen Bleuler, psychiatre suisse, invente les concepts de :


schizophrénie (qui signifie « fractionnement de l'esprit ») : un vécu de morcellement de la personnalité et/ou de dissociation des idées d'avec la réalité ;


autisme : pour désigner le malade replié sur soi, ignorant la réalité ou s'en écartant.


Psychologie dynamique et phénoménologie attribuent les troubles psychopathologiques :


au bouleversement et affaiblissement des capacités cognitives ;


à une défaillance de régulation entre vies affective et cognitive ;


à des confusions expressives : délires et pertes de repères symboliques découlent de ces perturbations, produisant une expérience malade de monde aux atmosphères étranges.

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