Enfermement et médecine


Au cours du XVII siècle, les contrôles de nombreux asiles sont transférés des œuvres charitables aux États, qui confient souvent leur direction à des médecins.


Enfermement


À l'asile, les fous côtoient des indigents, amputés, déviants, criminels… tous « infortunés » recueillis par le devoir charitable de la société, mais sont surtout mis dans l'impossibilité de gêner le fonctionnement des grands royaumes s'organisant en États. C'est le mouvement du « grand enfermement » (cf. l'historien français Michel Foucault, 1 990), prémisse de la société productive moderne.


Durant le XVIIIe siècle, sous la pression de l'esprit des Lumières, les médecins d'asiles ne se contentent plus d'aménager un simple accueil charitable, ni d'organiser une marge pour contenir les désordres sociaux. Les mentalités changent : la démarche soignante s'articule à la démarche juridique car la philanthropie gagne l'esprit du public : droit de la personne à être soignée.


Médecine


Au milieu du XVIIe siècle, le médecin anglais Thomas Willis crée le terme de « neurologie ». Il découvre l'anatomie et la physiologie du SNC en cherchant, mais sans succès, à établir le lien entre cerveau et esprit anormal.


Au milieu du XVIIIe siècle, l'écossais William Cullen construit le concept de « névrose » pour qualifier des affections du système nerveux sans base organique visible.


À Paris, après la Révolution française, Philippe Pinel, médecin chef de la Salpêtrière établit un premier classement des internés à l'asile. Il oriente le traitement de « l'aliénation mentale » dans des quartiers dédiés (asile d'aliénés) et pose les statuts de « maladie » et de « malade » : la protection par les droits de l'Homme et du citoyen s'applique à la personne souffrant de dysfonctionnement mental.

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