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Troubles

Et maladies psychosomatiques



« Ne rien ressentir », « ne pas broncher », « ne rien laisser paraître », « représentations à fleur de conscience », « traumatisme(s) », « répression des affects », « réaction adaptative insuffisante », « désordre économique dans la structuration psychique », « agressivité refoulée », etc. = RISQUE ACCRU DE SOMATISATION



Nous introduisons ce qui suit par une parole de médecin : le Docteur Philippe Pongy.

Il fait la critique de l’exercice médical et la manière d’être médecin. Lisons plutôt :


La manière d'être Médecin - Docteur Philippe Pongy


Allons à la caricature, imaginons notre médecin pressé, inquiet, soucieux d'être efficace et sans reproche. Le patient entre dans le cabinet, accueil minimal, questions utiles pour s'informer du motif de la consultation :


« Ah ! vous avez eu encore mal ? Allongez-vous ! »


Le médecin procède à un examen clinique succinct, voire symbolique. Trois cas de figure se présentent le plus souvent.


- Soit le problème est simple, évident, connu ou répétitif. Il est réglé immédiatement par une prescription rapide : « Vous allez pendre ce médicament pendant tant de jours, ça va s'arranger, ne soyez pas inquiet ».


Le médecin encaisse le tarif de la consultation et reconduit le patient à la porte.


Le problème est plus incertain : des examens complémentaires sont nécessaires ou

jugés tels. « Vous allez faire ces analyses et ces radios, on se reverra dans quelques jours. En attendant vous allez prendre ce calmant ». Le médecin encaisse et reconduit éventuellement en tapant sur l'épaule : « Ne vous inquiétez pas, ça va aller… à la semaine prochaine ! » Le malade revient avec ses examens complémentaires : le médecin prend connaissance des résultats en silence avec quelques hochements de tête et mimiques entendus ou pire, rien, constate qu'il n'y a rien de notable et dit : « Vous n'avez rien, c'est sûrement psychologique, vous allez prendre ça et vous reposer, ça vous fera le plus grand bien ! Au revoir, si ça marche pas vous repasserez ».


Le médecin encaisse et congédie.


Le médecin constate au contraire que les examens indiquent quelque chose de sérieux et de préoccupant, il faut poursuivre les explorations : « Vous avez bien quelque chose, mais rassurez-vous, ce n'est pas grave ! vous allez faire ceci, voir tel spécialiste… il faudra peut-être vous hospitaliser quelques jours, c'est simplement pour ne pas risquer de passer à côté de quelque chose. On va arranger ça ! »


Le médecin encaisse, reconduit : « À la semaine prochaine ! ».


Docteur Philippe Pongy - Psychosomatique et médecine



Cette caricature, pas si éloignée de certains comportements que nous avons pu avoir tel ou tel jour, a pour objectif de montrer les attitudes défensives de conduites supposées objectives et rassurantes pour le malade. Ce type de comportement, vous l'avez compris, vise essentiellement et illusoirement à rassurer et à protéger le médecin.


Ils produisent le plus souvent chez le patient : inquiétude, frustration, dépendance émotionnelle au médecin, accentuation des tensions et des symptômes.


Le médecin ne touche plus le malade, il n’écoute plus les motifs d'angoisse qui ont amené à la consultation.


Les techniques d'imagerie et de dosages suffisent désormais à l'information du médecin et à la conduite du traitement. Que devient le sujet malade ?


Ces attitudes d'évitement quasi systématiques ne manquent pas de produire : colère, angoisse, ressentiment, désespoir et finalement, mouvements dépressifs.


Si dans leur technicité les médecins n’écoutent plus la véritable origine de la maladie, si les patients se sentent le besoin de s’exprimer au sujet de leurs soucis, ils peuvent encore pousser la porte de nos cabinets, car nous avons été formés à l’écoute.


L'approche psychosomatique, par la formation théorique, technique et humaine que nous avons reçue nous permet de mieux comprendre la genèse des pathologies d'organes et de fonctions. La formation suivie en psychosomatique nous permet d'analyser l'angoisse et de lui donner sens. Le sujet avec son histoire de vie est entièrement plongé dans sa maladie. Ne dit-on pas souvent : « La(e) mal a dit ? ». Une maladie est toujours complexe, plurifactorielle et évolutive ; les processus de mentalisation participent régulièrement à cette genèse à titre de cofacteur parfois majeur dans les mécanismes de guérison.


Lorsque l’on parle de psychosomatique on évoque les traumatismes et les processus morbides qui en découlent. Ces vécus traumatiques prennent souvent la voie somatique par l’organisation psychique particulière des êtres humains. Particularités mises en évidence par la psychanalyse et les découvertes récentes de la psychologie.


Les problèmes psychosomatiques demandent une investigation particulière dont la dimension relationnelle avec le patient est capitale.


Les maladies psychosomatiques se produisent lorsqu’une personne n’est pas en capacité de penser en toute clarté sa vie. Elle présente alors ce que l’on nomme un défaut de mentalisation. Lorsqu’une excitation reçue par un des cinq sens ne peut pas emprunter la voie mentale ou comportementale, lorsque la personne n’arrive pas à se faire une représentation correcte des événements de sa vie de manière logique et structurée, elle risque de somatiser.


L’excitation reçue est principalement d’ordre émotionnelle (E). Notre capacité à gérer l’émotion en fonction des circonstances de la vie, heureuses et malheureuses va être impliquée dans le développement ou non d’une maladie psychosomatique.


Pourquoi ce type de maladie dites psychosomatiques ?


La cible de la somatisation est déterminée par des facteurs divers qui se potentialisent :


Le mécanisme physiopathologique engendré par le désordre de l'excitation : tensions internes, spasmodicité, désordres humoraux, phénomènes inflammatoires, altérations immunitaires, phénomènes cellulaires, etc.


L'ornière de fragilité qui s'est constituée avec l'histoire de l'individu


Déterminants somatiques innés : (matrice génétique, fragilité constitutionnelle d'un organe ou d'une fonction) ou acquis (fragilité acquise, traumatismes).


Déterminants psychiques : rôle des premières relations, fixations, régressions, dynamique de l'agressivité, etc.


Déterminants psychosomatiques : fixations psychosomatiques, conditionnements ou traces traumatiques au niveau d'un système fonctionnel, réactualisation d'un vécu ou d'un conflit dans lequel la fonction avait été archaïquement sollicitée, érotisation de certaines fonctions, etc.


Schéma du fonctionnement psychique en psychosomatique




Stéphanie Fink

Thérapeute


Pascal Patry

Praticien en psychothérapie

Psychanalyste