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Séparation amoureuse



Vous vivez actuellement une situation de séparation.


Les souffrances liées à la séparation amoureuse sont souvent générées par un sentiment d’abandon dû à la dépendance ou par un sentiment d’abandon dû à l’instabilité ou à la perte.


Pour comprendre ces souffrances, il faut se reporter à la théorie de l’attachement de John Bowlby.


Les problèmes d’attachement qu’une personne a pu vivre dans son enfance l’entraînent dans des vulnérabilités face à la perte d’êtres chers. En effet, les problèmes d’attachement ont pu engendrer une terreur de la solitude, un besoin de s’accrocher. En cas de séparation amoureuse, le sentiment d’abandon peut devenir une source de grandes souffrances. Ainsi, une perte réelle telle qu’une rupture devient une expérience dévastatrice accompagnée d’anxiété, de dépression et parfois de crise suicidaire. Ces symptômes nécessitent un accompagnement par un professionnel.


De plus, les problèmes d’attachement peuvent développer « un schéma d’abandon ». Il se peut que dans la vie des personnes qui vivent une rupture, un tel schéma soit présent. Si en règle générale la personne craint qu’on l’abandonne ou qu’elle s’accroche aux gens de peur de se retrouver seule, qu’elle pense ne pouvoir s’appuyer sur personne de solide, qu’elle tombe sans cesse amoureuse de personnes qui ne souhaitent pas profondément s’engager et que dans sa vie les gens ne font que passer, il est probable qu’un tel « schéma d’abandon » existe. Désespoir, obsession que les gens vont la quitter, qu’ils sont imprévisibles sont des pensées et des sentiments qui traversent une personne ayant développé un schéma d’abandon.


Dans son livre « L’art d’aimer », Éric Fromm nous rappelle les trois formes « d’amour » :


L’amour infantile suit le principe : « j’aime parce que je suis aimé ».

L’amour parvenu à maturité suit le principe : « je suis aimé parce que j’aime ».

L’amour inachevé dit : « je t’aime parce que j’ai besoin de toi ».

L’amour accompli dit : « j’ai besoin de toi parce que je t’aime ».


Dans les problèmes d’attachement qui se produisent au cours des premières années de la vie, l’amour à des difficultés à parvenir à une maturité suffisante pour qu’en cas de rupture il n’y ait pas de souffrance. La personne reste alors dans un amour infantile ou toute rupture engendre une souffrance.


Le principe de base de la théorie de l’attachement et qu’un jeune enfant a besoin, pour connaître un développement social et émotionnel normal, de développer une relation d’attachement avec au moins une personne qui prend soin de lui de façon cohérente et continue. C’est ce que l’on nomme le caregiver dans le jargon psychologique.


Un attachement est un lien, une attache, mais aussi un engagement entre un individu est une figure d’attachement, généralement la mère. Ce lien est basé sur le besoin de sécurité et de protection. Il est primordial chez le nourrisson et les petits-enfants qui s’attachent à ceux qui les soignent, il remplit la fonction biologique de protection, de survie. Il n’est pas synonyme d’amour ou d’affection.


L’enfant un besoin primaire d’agrippement, d’attachement. La mère est placée au sommet des figures d’attachement possibles. L’attachement peut être considéré comme un déterminisme biologique de base, en ce sens que c’est le besoin d’autrui, le besoin d’attachement qui est inné, non l’attachement lui-même. L’attachement à la figure maternelle sert de base pour sécuriser l’enfant afin qu’il puisse explorer son environnement.


Peut-être avez-vous déjà remarqué ces jeunes enfants qui avant de faire un acte regardent leur mère et attendent de leur part un acquiescement. Lorsque l’enfant reçoit l’acquiescement de sa mère, il sait que son acte ne sera ni dangereux pour lui et qu’il n’en sera pas réprimandé.


Le lien d’attachement en devenant intériorisée, sert par la suite de modèles à toutes les relations intimes et sociales d’un individu. Les besoins fondamentaux du nouveau-né se situent au niveau des contacts physiques. Le bébé a un besoin inné du cinq, du contact somatique et psychique avec un autre être humain. C’est au travers des divers contacts que l’enfant en croissance va développer une compétence sociale que l’on appelle les compétences précoces du nourrisson.


L’attachement est un système comportemental par lequel un individu immature diminue ou s’efforce de diminuer les distances qui le séparent d’un autre, afin de maintenir la proximité avec cette personne. L’enfant est au départ un être immature, incapable au début de sa vie de maîtriser ses émotions. Plus l’espèce est immature à sa naissance, plus le comportement d’attachement est visible et prolongé. La figure maternelle offre à l’enfant un contenant psychique qui compense cette immaturité.


Les dangers, la peur, et la douleur provoquent des comportements d’attachement.


L’angoisse de séparation, preuve de l’attachement spécifique, représente une contrainte émotionnelle innée. Ces situations de danger ou de séparation produisent une émotion négative, qui oblige un comportement que l’individu n’aurait pas sans elle. L’enfant ou l’individu est contraint de se rapprocher de l’objet d’attachement, qui va, espère-t-il, le protéger. Lorsque le nombre d’expériences sécurisantes et la maturation de l’enfant et de l’adulte augmentent, l’angoisse diminue. L’enfant commence à avoir confiance en lui et dans son environnement.


Selon les relations mères-enfants, nous pouvons détailler trois sortes de types d’attachement :


Le modèle sécurisant pour l’enfant qui résulte d’une disponibilité de la figure maternelle et surtout d’une sensibilité aux signaux de son enfant. L’enfant a confiance, il sait que son parent est disponible et va lui répondre quand il sera en danger.


Le modèle anxieux-évitant ou anxieux-détaché sera lié à des interactions intruses Yves ou rejetant de la part de la mère, surtout lorsque l’enfant présente une vulnérabilité émotionnelle. L’enfant n’a aucune confiance dans les réponses que sa mère lui fera ; il s’attend à être repoussé lorsqu’il cherche auprès d’elle réconfort et protection. L’enfant tente alors de vivre sa vie sans soutien de la part des autres.


Le modèle anxieux-ambivalent ou anxieux-résistant semble associer à une incohérence des réponses maternelles alternantes entre la disponibilité et le rejet. L’enfant n’est pas certain que son parent sera disponible et lui répondra s’il fait appel à lui. L’enfant est sujet à l’angoisse de séparation, il s’accroche à sa mère, se montre angoissé pour explorer le monde.


Enfin, le modèle désorganisé-désorienté qui sera introduit plus tard dans la théorie de l’attachement.


Ces différents modèles traitent de la façon dont l'enfant grandit et se développe avec sa figure d’attachement principale.


On comprend dès lors, que lorsque l’enfant a vécu dans l'insécurité il demande plus tard cette sécurité à son ou sa petit(e) ami(e), son conjoint. De manière totalement inconsciente.


On comprend la phrase d’Éric Fromm lorsqu’il dit que l’amour infantile, c’est-à-dire l’amour qui n’a pas pu se construire sur une figure d’attachement sécurisante, dit : « je t’aime parce que j’ai besoin de toi ». Les besoins de l’attachement n’a pas été comblé (sécurité, affection, nourriture, soins, etc.).


Les paroles de certains patients confirment la théorie de l’attachement lorsqu’ils disent à propos de leurs relations amoureuses :


« c’était trop douloureux, je ne parvenais jamais à trouver quelqu’un qui soit là pour moi » ;


« je préfère être seul plutôt que souffrir » ;


« je ne peux pas rester seul, il me faut toujours trouver quelqu’un » ;


« chaque fois que je crois que c’est le bon, je me trompe », etc.


D’après John Bowlby, les personnes qui ont vécu avec une figure d’attachement selon le modèle anxieux-évitant ont un état d’esprit détaché, les personnes qui ont vécu avec une figure d’attachement selon le modèle sécurisant ont un état d’esprit autonome et les personnes qui ont vécu avec une figure d’attachement selon le modèle anxieux-résistant développent un état d’esprit préoccupé.


C’est avec ces états d’esprit différents que les personnes s’engagent dans leur relation amoureuse pour le meilleur et parfois pour le pire.


La plupart des situations vécues dans l’enfance s’enracinent dans l’univers émotionnel d’une personne. Cet univers émotionnel entraîne divers types de comportements.


Lorsque le couple ne fonctionne pas, l’un ou l’autre des deux partenaires peut céder devant l’autre. Devant un amour sincère, mais avec un attachement insécurisant dans l’enfance, une personne peut prendre la fuite plutôt que de dire : « je t’aime ».


Souvenez-vous par exemple du film Ghost ou l’acteur principal (Patrick Swayse) disait à sa compagne Molly « idem » à la place de « je t’aime », ce qui laissait cette dernière perplexe.


Molly sentait que Sam avait du mal à s’engager dans la relation.


Il a fallu que la mort les sépare pour que l’amour devienne plus fort que la figure d’attachement et que Molly emploie le mot « Idem » et Sam : « je t’aime Molly ».


Parfois, pour dire je t’aime, l’un ou l’autre partenaire utilise un mot qui pourrait sembler, vu de l’extérieur, incongru.


Par exemple nommer son partenaire « ma nouille » ou « mon cafard », « mon nounours ».


Ces mots affectueux dénotent l’incapacité émotionnelle à dire « je t’aime », à trouver la distance juste pour être à la fois proche et différent et trahissent la souffrance et la douleur, consécutive à ce qui s’est produit avec la figure d’attachement. Alors la haine que nous portons en nous s’exprime. Soit par des pensées qui se produisent en nous, soit lorsque la parole dérape.


Alors, Parfois, « la nouille » qui est partie devient une vraie salope et le « nounours » un vrai connard pour parler de façon triviale.


Les gens qui s’aiment et qui ne souffrent pas de l’attachement restent des êtres qui se respectent même en cas de séparation. Ils savent que rien ne peut détruire l’amour vrai.


Les problématiques liées à l’attachement doivent être prises en charge soient par la personne elle-même si elle en trouve suffisamment la force, soit par un professionnel si ses émotions la submergent et qu’elle n’arrive pas à les dépasser.


La vraie salope et le vrai connard doivent être verbalisés par d’autres mots qui commencent par : « Lorsque j’étais enfant, avec ma mère … ça c’est mal passé … ».


C’est le début du travail à faire sur ses émotions pour se retrouver, et avec ce retour à soi, trouver le « je t’aime » vrai et sincère qui caractérise la vraie relation d’amour.


Parmi les personnes ayant pris conscience de la nécessité d’engager un travail thérapeutique, on remarque chez elle qu’elles évitent de parler de leurs expériences infantiles en rapport avec l’attachement. Elles disent le plus souvent être dans l’incapacité de se souvenir de leur enfance et ont peu de souvenirs. Elles se montrent indifférentes et désengagées émotionnellement à l’égard de leurs expériences relationnelles.


Elles couvrent souvent leurs parents d’éloges, mais sont incapables de décrire des faits précis pour les adjectifs qualificatifs très positifs qu’elles emploient. Au fil de l’entretien thérapeutique, le thérapeute se rend compte de certaines incohérences et contradictions. Néanmoins, ces personnes ont une grande confiance en elle-même, mais aucune confiance en autrui dont ils disent se méfier.


D’autres personnes ont beaucoup à raconter sur leur passé, parfois de façon confuse, sans parvenir à se focaliser sur les questions de l’entretien. Devant les nombreuses digressions, le thérapeute est souvent amené à recadrer les échanges. Les pensées de ces personnes semblent complètement prises par leurs expériences passées et leurs relations avec leurs parents. Les émotions liées à leurs souvenirs semblent lui déborder. Elles peuvent parfois montrer un sentiment de colère encore actuelle est mal contenu vis-à-vis d’un ou des deux parents, ou osciller entre des positions diamétralement opposées concernant l’appréciation de leurs relations avec leurs parents. Ces personnes manquent de confiance en elle.


Enfin, d’autres personnes ont un discours désorganisé dans sa forme ou son contenu lorsqu’il leur est demandé d’évoquer des expériences traumatiques telles que des pertes, des séparations ou des abus.


Devant toutes ces personnes, le thérapeute aura un degré élevé de compréhension, de tolérance et d’acceptation inconditionnelle des vécus de ses patients afin de leur permettre une résolution maximale de leur problématique.


En effet, la plus grande partie du travail se portera sur les émotions. Elles sont souvent dysfonctionnelles, ne sont pas régulées, n’ont parfois pas d’importance pour la personne (personne devenue froide et détachée), etc.


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Pascal Patry

Praticien en psychothérapie

Psychanalyste



Éléments bibliographiques :


John Bowlby - Attachement et perte - Tome 1 : L’attachement - puf

John Bowlby - Attachement et perte - Tome 2 : La séparation, angoisse et colère - puf

John Bowlby - Attachement et perte - Tome 3 : La perte - puf

Boris Cyrulnik - Sous le signe du lien - Pluriel

Erich Fromm - L’art d’aimer - Pocket

Erich Fromm - Avoir ou être - Robert Laffont

Henri Lehalle & Daniel Mellier - Psychologie du développement de l’enfant - Dunod

David H. Barlow, V. Mark Durand, Michel Gottschalk - Psychopathologie - deboeck

Mélanie Klein - L'amour et la haine : Le besoin de réparation - Payot


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