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Le travail thérapeutique avec la famille


La thérapie familiale psychanalytique s’est développée en France, grâce à divers enseignements extra-universitaires.


Un travail psychique avec un groupe familial représente une activité qui apporte beaucoup de plaisir dans la mesure où cette activité enrichit autant les membres de la famille que le thérapeute lui-même.


On constate au cours des divers entretiens que chaque membre de la famille à des capacités et des ressources capables de venir en aide aux autres membres de la fratrie. C’est d’ailleurs par le travail thérapeutique que de telles ressources sont éveillées, alors qu’elles restent souvent larvées dans les relations interpersonnelles sans intervention extérieure.


Il est important pour le thérapeute de s’intégrer au sein de la famille qui vient lui demander son soutien afin qu’un véritable et authentique travail d’élaboration puisse s’organiser. De par ses connaissances il peut ainsi intervenir à propos et mobiliser les processus psychiques des membres de la famille, afin que les ressources et les capacités de tous puissent s’exprimer. Dans sa neutralité bienveillante, le thérapeute n’est pas inactif. Il ne fait pas qu’écouter, mais propose dans des situations précises des solutions précises.


Il ne suffit pas de recevoir des parents avec leurs enfants pour dire qu’on réalise des entretiens familiaux. Le thérapeute ne se contente pas d’écouter, de recueillir des informations. Il explore également, par le dialogue, l’histoire personnelle de chaque parent et amène la réflexion sur les liens possibles qui peuvent exister entre cette histoire personnelle et les difficultés éducatives qu’ils rencontrent avec leur(s) enfant(s).


Ces difficultés peuvent porter sur nombre de facteurs et ne peuvent toutes être citées. On peut cependant évoquer les plus courantes comme les difficultés à comprendre les besoins propres à l’enfant, son besoin de limite, ses mouvements affectifs, ses changements d’humeur.


Le thérapeute observera la façon dont les parents le ressentent. En effet, les parents peuvent projeter à l’égard du thérapeute une représentation ressentie par eux comme une image parentale qui juge, qui interdit, qui séduit, ou qui est complice, etc. Ces éléments sont d’une grande importance pour comprendre les systèmes de valeur et de croyance qui interfèrent dans les relations, car un thérapeute n’est ni juge, ni n’interdit, ni ne séduit, etc. Son travail est au contraire de mettre en exergue tous ces éléments perturbateurs. Ce qui est projeté ainsi sur le thérapeute peut aussi être projeté sur le ou les enfants.


Bien sûr, tous ces processus sont inconscients, d’où l’utilité du travail d’analyse.


Le thérapeute doit parvenir à inclure dans le processus thérapeutique l’histoire des parents telle que ceux-ci l’ont ressentie quand ils étaient eux-mêmes enfants, car dans le cœur des parents qu’ils sont, vit encore l’enfant qu’ils étaient. C’est une des premières phases : « Le travail sur l’enfant dans le parent ».


Le thérapeute peut ensuite transmettre, avec l’accord des parents, certains de ces éléments à l’enfant en sa présence. Ainsi, l’enfant commence à comprendre avec quelles images parentales il se construit et peut réajuster une conduite. C’est ici « le travail du parent dans l’enfant ».


Cette démarche a pour objectif de partager les affects au lieu d’être affecté par eux, parce que restés dans l’inconscient. L’enfant est alors témoin des affects éprouvés par ses parents, affects qui deviennent partagés consciemment au lieu d’être transmis à l’insu de tous.


Il n’y a pas pire poison dans une relation que le non-dit parce que des éléments restent comme coincés dans l'inconscient. L'amour et la compréhension entre les êtres ne peuvent naître que lorsque les choses sont en pleine lumière.


L’exploration de l’histoire des parents peut faire naître de la crainte. Les pères et les mères peuvent se sentir mis en accusation. C’est omettre la sagesse de la vie, c’est oublier que la nature de notre inconscient joue un rôle dans nos progrès quotidiens et que nous devons lui faire confiance, comme en témoigne « le conte du petit tailleur » des Frères Grimm. Les parents ne doivent pas non plus oublier que le thérapeute peut lui aussi avoir peur du jugement des parents en cours d’entretien.


Comme on le pressent, il existe des incertitudes inévitables qui accompagnent la pratique des entretiens familiaux. Lorsque le thérapeute explore une hypothèse, il s’expose à l’esprit des parents qui peuvent en tirer du sens. Les parents voient ainsi quel est le mode de pensée du thérapeute.


La thérapie familiale a pour but essentiel de permettre à un individu, adulte ou enfant, de mieux comprendre ce qui l’amène à agir, à penser, à ressentir, afin de le rendre plus libre et plus souple intérieurement dans ses relations avec autrui.


Enfin, pour terminer, il doit être dit que l’enfant, depuis sa naissance capte et se construit, avec toutes les informations psychologiques qu’il ressent. Toutes les modifications thymiques et affectives, ainsi que les moindres dysfonctionnements névrotiques ou comportementaux qui peuvent régner dans son univers familial ne lui échappent pas. Dès lors, les comportements difficiles, capricieux, agités, éternellement insatisfaits ou provocants, n'ont pas d'autres buts inconscients, que d’éveiller le parent, à sa propre détresse. L’enfant est souvent un incompris qui par ses actes parfois insensés tente maladroitement de dire à son parent : « regarde, c’est là que tu as mal ! »


N’entend-on nous pas parfois, un parent dire : « Il me pousse à bout » ?


C’est que l’enfant, dans l’amour qu’il porte à ses parents, se comporte comme un apprenti thérapeute et ses actes d’amour sont souvent, trop souvent, maladroits et non entendus. C'est normal, puisque l'enfant s'adresse à l'inconscient de ses parents, ces derniers ne pouvant ou ne voulant pas voir la réalité de ce qui se dit, de ce qui se joue. Vus de l'extérieur, les actes de l'enfant sont vécus comme autant de tentatives pour rendre la vie des parents un peu plus difficile. Pourtant, ils n'ont qu'un but : celui d'alerter leurs parents sur un désordre psychique, affectif ou comportemental non décodé, n'hésitant pas à les pousser dans leurs retranchements.


Comme dit plus haut, « le travail du parent dans l’enfant » (qui est cause du comportement de l’enfant), après « le travail sur l’enfant dans le parent » (qui est cause de la réaction parentale) ; ces deux axes de travail en psychothérapie familiale permettront à la fratrie de mieux se comprendre et d’évoluer plus sereinement vers leur avenir.


Un engagement de la part de la famille et du thérapeute, dans un climat de confiance, dans un climat qui se souhaite constructif, est fondamental. Autant de facteurs qui viendront consolider une alliance thérapeutique forte qui conduira à des résultats de résolution de problématique concluants.



Thérapeutique

« Un travail psychique avec un groupe familial représente une activité qui apporte beaucoup de plaisir dans la mesure où cette activité enrichie autant les membres de la famille que le thérapeute lui-même »

« Cette démarche a pour objectif de partager les affects au lieu d’être affecté par eux, parce que restés dans l’inconscient »


N’entend-on nous pas parfois, un parent dire :


« Il me pousse à bout » ?

« une alliance thérapeutique forte qui conduira à des résultats de résolution de problématique concluants »