Bien que les diverses Sciences actuelles fassent des progrès considérables dans tous les domaines, tout en restant souvent dans des « hypothèses » ; bien que des Astrophysiciens cherchent à « réconcilier » le Monde dans ses trois Principes : Matière, Espace, Temps, on constate que l'Humanité semble aller en pleine dérive, elle apparaît comme désorientée.

Des esprits savants, que nous cautionnons peut-être parfois à tort, nous affirment complaisamment et gravement que la science, la soi-disant vraie, a définitivement supplanté la pensée philosophique et qu'elle est seule capable aujourd'hui, de donner un contenu réel, concret, aux notions d'Être et de Vérité.

Mais à qui regarde froidement ce qui se passe, le constat est que les réponses de la science sont toujours repoussées plus loin. Chaque jour depuis des décennies, on entend que la science n’a jamais été aussi près du but. Les scientifiques ne font que repousser plus loin les réponses qu'ils ne trouvent pas sur l'origine de l'Univers, sur sa Création tout en voulant ignorer la part de mystère inhérente à la Vie.

Parce qu’il s'écarte de la Source avec une inventivité toujours croissante, l’Homme colmate ses angoisses en suivant la science : « ils finiront — les scientifiques — bien par trouver ». Et ce sont parfois les plus croyants d’entre nous, toutes confessions religieuses confondues, qui espèrent en des découvertes miraculeuses ! L'Homme aurait-il perdu sa foi ?

Imaginons un instant que des chenilles cessent d’avoir les moyens de former leur chrysalide, elles se tourneraient alors vers une science, en attendant de cette science qu’elle découvre un moyen leur permettant de se métamorphoser à nouveau.

L’homme est actuellement dans un cas identique, il n’arrive plus dans le flot de la vie à trouver en lui seul les réponses à ses angoisses. Et pourtant, il voudrait secrètement « re-naître », se « re-sourcer », se « re-connaître » et se « renouveler » en puisant dans sa seule et propre « énergie créatrice et créative ».

Mais, pour pouvoir retrouver les pouvoirs de tisser son fil de soie, reprendre en main le fil de sa destinée, il doit retrouver d’où lui vient l’énergie qui l’anime.

Où débute cette énergie ? Quand finit-elle et finit-elle ? Qu’est-ce que véritablement un Homme ? Où est sa vraie place ? Quelle est sa finalité dans la nature ?

Son esprit est comme coupé en deux devant les deux réalités qu’il perçoit : son corps, son âme et son esprit d’une part et la matière, l’espace et le temps d’autre part. Certains percevront plus la première, d’autres la seconde.

Où est la réalité ? Où est la vérité ?

À toutes ces questions, parfois vertigineuses, les philosophes, les scientifiques ont-ils apporté des réponses satisfaisantes ?

Pourtant il y a un chemin qui permet de trouver des réponses en son être à toutes les questions que cet être peut se poser. Il y trouve alors un soutien indéfectible en toutes circonstances.

Doit-il pour cela se perdre dans des mondes nébuleux et obscurs en rejetant la partie matière, espace, temps ? Absolument pas et bien au contraire. Il lui faut réapprendre à lire une écriture que son cœur a grandement oubliée, voire perdue.

Sans a priori et sans crainte, mais de manière logique et raisonnée, nous avons fait ce chemin vers nous-mêmes. Beaucoup nous y ont aidés, et dans l’ensemble le travail a été fait sur les bases des préceptes de Platon : « Allons au vrai de toute notre âme ».

Dans le monde tel qu'il est devenu, des Hommes n'ont plus le sens du vrai et du beau, car ils doivent subvenir à toute sorte de choses dont ils n'arrivent plus à se défaire. Alors, l'ogre demande toujours à être nourri, et pour le nourrir, les Hommes se mettent à se mentir, à détourner la vérité, les arnaques prennent de l'ampleur, puis les Hommes se fâchent entre eux, se méfient les uns des autres, se heurtent mutuellement ; là où devrait régner fraternité et solidarité. Les liens qui nous soudent dans notre humanité se délitent et la décadence voit son triste soleil se lever.

Nous invitons celles et ceux qui nous lisent à prendre ce chemin du vrai et du beau, gardant toujours à l'esprit que le fil de la chenille n'est pas une invention technologique venue du dehors, mais un don d'amour de la nature en vue de sa transformation.

Nous savons encore peu de choses sur les réels pouvoirs que la vie nous a conférés, mais ce n'est certes pas en nous éloignant de la morale, du vrai et du beau, compte tenu des circonstances actuelles, que nous allons parvenir à produire notre propre transformation.

"Rodrigue, as-tu du cœur ?" demande Don Diègue à son fils dans le Cid de corneille.

Rester authentique en refusant les manipulations, les faux-semblants, le manque de loyauté ou d'intégrité demande du courage. Conserver une attitude noble dans des situations laides est également un immense acte de courage.

La première question à se poser sur le chemin de sa propre transformation n’est-elle pas : mes actes quotidiens reflètent-ils avec fidélité les valeurs que j'aimerais partager plus largement avec les êtres de la communauté dans laquelle je vis ?

Et devant les laideurs que tout le monde voit, car personne n'est dupe, avoir le courage de ne pas baisser les bras.

Ne serait-ce pas là un premier levier de changement totalement indépendant de toute science ? Et cette force du cœur, n'est-elle pas la véritable source de toute créativité, de toute création ?

Peut-être ne tient-il qu'à nous de l'activer.


Stéphanie Fink et Pascal Patry


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La lettre du mois d’octobre

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