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Autres méthodes cognitivo-comportementales


Plusieurs des centaines de traitements psychologiques disponibles sont étroitement liés à la TCC, mais reposent sur des méthodes différentes. Bien que l’efficacité de ces traitements de rechange n’ait pas été aussi bien démontrée que la thérapie décrite dans le présent guide, les quatre traitements présentés ci-après sont efficaces, car ils aident le client à régler certains types de problèmes. Dans l’ensemble, ils ont tous pour but d’aider le client à cesser de se concentrer sur ses pensées et d’y réagir.


Thérapie basée sur la pleine conscience et thérapie cognitive de la pleine conscience


Les techniques basées sur la pleine conscience peuvent être utilisées pour aider les personnes à prendre du recul par rapport à leurs pensées négatives et à se rendre compte que leurs pensées ne déterminent pas nécessairement leurs comportements. La pleine conscience est un état d’ouverture et de réceptivité qui permet de vivre pleinement ce qu’on fait à chaque moment. On utilise surtout la méditation pour enseigner les techniques de pleine conscience. Toutefois, d’autres exercices expérientiels (P. ex., marcher ou manger en prenant conscience de ce qu’on fait) peuvent être utilisés pour enseigner ces techniques.


Les techniques de la pleine conscience peuvent être classées dans trois catégories :


Désunion : le fait de prendre du recul par rapport aux pensées, aux croyances et aux souvenirs infructueux et de mettre fin à leur emprise ;


Acceptation : l’acceptation des pensées et des sentiments sans passer de jugement ; le fait de les laisser se manifester et disparaître sans essayer de les pousser hors de la conscience ou de leur donner un sens ;


Contact avec le moment présent : vivre pleinement le moment présent avec ouverture et curiosité.


Les techniques de la pleine conscience aident à se soustraire aux réactions automatiques négatives suscitées par les pensées et les sentiments.


Ces techniques sont utilisées pour le traitement de la douleur chronique, de l’hypertension, des maladies du cœur, du cancer, des troubles gastro-intestinaux, des troubles de l’alimentation, des troubles anxieux et des troubles liés à la prise de drogues. La thérapie cognitive de la pleine conscience s’est avérée efficace pour prévenir la réapparition de la dépression.


Thérapie de l’acceptation et de l’engagement


Certaines thérapies visent à modifier les pensées et les sentiments bouleversants. La thérapie de l’acceptation et de l’engagement (TAE), quant à elle, aide simplement les clients à reconnaître et à accepter les pensées et les sentiments suscités par le moment présent.


La TAE repose sur le principe selon lequel la souffrance psychologique est causée par l’évitement ou l’évaluation des pensées et des sentiments pouvant déboucher sur des façons de penser qui nuisent à la capacité de poser des gestes conformes aux valeurs personnelles importantes. Elle met l’accent sur les moyens d’aider les clients à accepter les choses indépendantes de leur volonté tout en s’engageant à faire ce qu’ils peuvent pour améliorer leur qualité de vie.


La TAE vise à aider les clients à composer avec la douleur et le stress, qui sont inévitables dans la vie, et à se bâtir une vie riche, importante et bien remplie. Les clients apprennent à composer avec les pensées et les sentiments douloureux de façon à en atténuer l’incidence sur leur vie. Par exemple, ils apprennent à :


se distancier de leurs pensées bouleversantes (désunion cognitive) ;


accepter les expériences qu’ils vivent dans le moment présent ;


découvrir des valeurs personnelles importantes ;


se fixer des objectifs conformes à ces valeurs ;


s’engager à agir.


La TAE s’est avérée efficace pour traiter la dépression, l’angoisse, le stress, la douleur chronique et les troubles liés à la prise de drogues.


Thérapie comportementale dialectique


La thérapie comportementale dialectique est un moyen efficace de traiter les sautes d’humeur, les comportements autodestructeurs et les autres problèmes interpersonnels découlant de l’expression de la colère.


La thérapie comportementale dialectique est dispensée sous forme de séances individuelles et de séances de groupe. Lors de la thérapie individuelle, le thérapeute et le client utilisent une hiérarchie des objectifs de traitement pour orienter leur discussion des problèmes qui surviennent entre les séances hebdomadaires. On s’occupe d’abord et avant tout des cas de blessures volontaires et des comportements suicidaires, puis des comportements qui nuisent à la thérapie et enfin de l’amélioration de la qualité de vie du client. Pour améliorer la qualité de vie, on détermine les habiletés que le client possède mais qu’il n’utilise pas pleinement, on l’aide à développer de nouvelles habiletés et on discute des obstacles à leur utilisation. Les séances hebdomadaires de thérapie de groupe mettent l’accent sur le développement de nouvelles habiletés.


Les personnes tiennent un registre de leur utilisation de leurs habiletés et peuvent téléphoner à leur thérapeute 24 heures sur 24.


Les quatre modules de la thérapie comportementale dialectique sont le contact avec soi, la régulation des émotions (P. ex., reconnaître les émotions, leur mettre une étiquette et atténuer la vulnérabilité aux émotions négatives), l’efficacité dans les relations interpersonnelles (P. ex., assertivité) et la tolérance à la détresse (P. ex., habiletés de survie aux crises comme la distraction, l’auto-réconfort et l’amélioration du moment).


Thérapie métacognitive


La thérapie métacognitive (TM) a été mise au point pour traiter le trouble d’anxiété généralisée. On s’en sert maintenant pour traiter d’autres troubles anxieux et la dépression.


La métacognition est l’aspect de la cognition qui contrôle les processus mentaux et la pensée. La plupart des gens ont fait l’expérience, dans une certaine mesure, de la métacognition. Par exemple, lorsque vous avez le nom d’une personne « sur le bout de la langue », la métacognition vous indique que ce nom est dans votre mémoire, même si vous ne vous en souvenez pas pour l’instant.


Un grand nombre de personnes aux prises avec une dépression ou un trouble anxieux ont l’impression d’avoir perdu la maîtrise de leurs pensées et de leurs comportements. Elles ne font que ruminer et penser à elles-mêmes et à de l’information menaçante. Elles développent des habiletés d’adaptation qu'elles jugent utiles, mais qui peuvent aggraver et prolonger le trouble émotionnel. Ce schéma de pensée s’appelle le syndrome cognitivo-attentionnel (SCA).


Lors de la thérapie métacognitive, la personne apprend à atténuer le SCA en utilisant de nouveaux moyens de maîtriser ses pensées, de se concentrer et de composer avec les pensées et les croyances dépressives ou anxieuses. Elle apprend également à modifier les croyances qui donnent lieu au SCA.





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