Accueil

Auto surveillance des symptômes


Pour presque tous les problèmes cliniques traités lors de la TCC, il existe des formulaires spécialisés vous permettant de surveiller vos symptômes et d’en prendre note pendant le traitement. Le fait de surveiller vos expériences de près et d’en prendre note peut, à lui seul, améliorer votre humeur et votre bien-être. Par conséquent, on encourage généralement les clients à effectuer cette surveillance après la première séance de TCC.


Si vous suivez une thérapie pour l’angoisse, on pourrait vous demander de remplir un formulaire où vous décrirez vos symptômes particuliers, en fonction du problème d’angoisse que vous éprouvez. Par exemple, si vous suivez une thérapie pour l’angoisse sociale, on vous demandera de remplir un formulaire où vous inscrirez les situations sociales angoissantes et celles où vous avez éprouvé une anxiété de performance dans le passé. Si vous suivez une thérapie pour un trouble obsessionnel-compulsif, vous indiquerez sur le formulaire la nature des pensées obsessionnelles et la détresse qu’elles ont suscitée pendant la semaine, ainsi que la durée et la fréquence des rituels compulsifs.


Le tableau 4 est un exemple de formulaire de surveillance des symptômes adapté aux crises de panique. Il permet d’inscrire tous les symptômes qui se sont manifestés pendant une crise de panique au cours de la semaine, entre deux séances de thérapie.


SITUATION :


Gravité de l’angoisse :


0 : Nulle

5 : Moyenne

10 : Intense


Symptômes (cochez tous les symptômes éprouvés et notez-les) :


accélération du rythme cardiaque

douleur à la poitrine ou malaise

étourdissements

engourdissement

tremblements

essoufflement

rougeur

transpiration

nausées / gargouillement d’estomac

tension musculaire  

bouche sèche

incapacité de se détendre

agitation

fatigue

malaise

troubles du sommeil

irritabilité ou accès de colère

difficulté à se concentrer

hypervigilance à l’égard du danger

réaction de sursaut exagérée


Calendrier dactivités


Le tableau III qui a servi à surveiller vos activités et à leur attribuer une note en fonction du plaisir et de l’impression de maîtrise de la situation qu’elles vous ont procurés peut aussi être utilisé pour programmer des activités que vous avez peut-être tenté d’éviter. Ce calendrier peut vous aider à décider de vous livrer à une activité ou non. Par exemple, si vous décidez d’avance de faire de l’exercice le mardi de 17 heures à 18 heures, vous êtes plus susceptible de le faire que si vous attendez de voir comment vous vous sentirez ce jour-là avant de prendre une décision.


Le thérapeute pourrait vous demander d’inscrire dans votre calendrier des activités agréables (P. ex., aller au restaurant avec un ami) et des tâches qui vous donnent l’impression de maîtriser une situation (P. ex., payer des factures) pour la prochaine semaine. Il vous demandera sans doute de tenir un registre des pensées automatiques que vous aurez pendant que vous vous livrerez à vos activités pour vous aider à reconnaître les distorsions et les autres évaluations que vous faites qui atténuent le plaisir que vous procurent l’activité et l’impression que vous maîtrisez la situation.


Par ailleurs, le calendrier d’activités vous aide à reconnaître les facteurs qui vous empêchent d’accomplir certaines tâches et à diviser ces tâches en gestes plus simples afin d’atténuer la détresse qu’elles causent et d’accroître les chances que vous les accomplissiez. Vous pouvez définir des « tâches échelonnées » de sorte que vous effectuerez les parties plus faciles avant d’effectuer les parties plus difficiles et complexes. En modifiant simplement la structure des tâches à accomplir et la démarche que vous suivez, vous pourrez accroître considérablement les chances que vous accomplissiez ces tâches.


Thérapie dexposition


La thérapie d’exposition fait partie intégrante de la TCC lors du traitement de l’angoisse. Elle a pour but d’atténuer la peur de certaines choses (P. ex., les insectes, les serpents) ou de certaines situations (P. ex., les espaces clos, les hauteurs) en augmentant graduellement l’exposition à ces choses ou à ces situations. Pour commencer, on pourrait vous demander de réfléchir à la chose ou à la situation qui vous fait peur ou de regarder une image qui l’illustre (exposition indirecte) puis de vous y exposer de plus en plus jusqu’à ce que vous soyez capable de toucher cette chose ou de vous mettre dans cette situation (exposition directe).


En vous exposant graduellement à vos peurs, votre angoisse diminuera et vous apprendrez que vos peurs sont excessives et irrationnelles. Ce processus s’appelle l’habituation (ou l’épuisement d’effet). La figure I indique que, à mesure que l’exposition à la chose ou à la situation qui fait peur s’accroît, l’angoisse générée par l’exposition diminue.


Figure I. - Courbe d’habituation : thérapie d’exposition


















En général, la thérapie d’exposition commence par une exposition aux situations qui suscitent une peur légère à modérée. On expose ensuite graduellement le client à des situations qui suscitent une peur plus intense. Avant de commencer cette thérapie, vous devrez classer vos peurs par ordre croissant et indiquer toutes les situations qui vous angoissent ainsi que les niveaux d’angoisse associés à chaque élément déclencheur. Dans l’exemple donné dans le tableau 5 ci-après, une personne qui a peur d’être en contact avec des coccinelles classe les situations où elle est en contact avec ces insectes selon le niveau croissant de détresse qu’elles suscitent.


SITUATION QUI FAIT PEUR (de la moins pénible à la plus pénible)


Regarder un dessin illustrant des coccinelles puis le toucher. Détresse = 10


Regarder une photo illustrant de vraies coccinelles puis la toucher. Détresse = 20


Être dans une pièce où il y a de petites coccinelles et marcher près d'elles, à une distance d'un mètre et demi. Détresse = 30


Marcher près de petites coccinelles, à une distance de 3o cm. Détresse = 40


Être dans une pièce où il y a de grosses coccinelles et marcher près d'elles, à une distance d'un mètre et demi. Détresse = 50


Marcher près de grosses coccinelles, à une distance de 3o cm. Détresse = 60


Toucher de petites coccinelles avec le doigt. Détresse = 70


Laisser de petites coccinelles marcher sur son bras. Détresse = 80


Toucher de grosses coccinelles. Détresse = 90


Laisser de grosses coccinelles marcher sur son bras. Détresse = 100


Au début, le thérapeute vous aidera à vous exposer à vos peurs puis, à mesure que vous réaliserez des progrès, vous devrez vous y exposer seul, après les séances. Vos progrès dépendront de l’intensité de votre peur et de votre capacité de supporter le malaise associé à votre angoisse. Vous devez vous exposer à votre peur plusieurs fois et assez longtemps (en général, au moins 30 minutes) pour obtenir les meilleurs résultats possibles. Vous apprendrez que votre angoisse diminue naturellement lorsque vous êtes assez longtemps dans la situation qui provoque la peur.


Expériences comportementales


Les expériences comportementales décrites plus haut vous ont permis d’analyser vos suppositions et vos croyances. Grâce à ces expériences, vous pourrez vous exposer à une situation qui vous fait peur afin de déterminer si vos craintes se réaliseront. Si le résultat qui vous fait peur se produit, les expériences vous permettront également de déterminer dans quelle mesure vous avez composé avec la situation.


Les expériences sont comportementales parce qu’elles vous obligent à « faire l’essai » de nouvelles façons de penser en modifiant vos habitudes, généralement en vous mettant dans des situations précises et en choisissant une stratégie comportementale différente.






|Accueil| Page 1 | Page 2 | Page 3 | Page 4 | Page 5 | Page 6 | Page 7 |