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La dépression essentielle



La dépression essentielle s'inscrit dans la voie somatique au niveau du désordre économique. Elle est principalement consécutive à des traumatismes majeurs, d'un cumul de traumatismes, le plus souvent à type de perte ou d'épuisement. La dépression essentielle trouve son terrain dans le fait que le sujet cherche à s'épargner une souffrance morale en évacuant les représentations et les sentiments douloureux. Il s'ensuit une fatigue de l'appareil psychique, voire même d'un épuisement, car son fonctionnement se réduit fortement. Cet abaissement du fonctionnement psychique se situe au niveau de la pensée opératoire, de la vie opératoire. Dans la dépression essentielle, on trouve une baisse, voire une absence du tonus vital qui atteste d'une déficience ou d'une désorganisation mentale. On trouve un manque de désir, un manque de plaisir, un manque de projet consécutivement à une vie automatique opératoire par absence de représentations mentales.


Les concepts de dépression essentielle et de pensée opératoire ont été développés par Pierre Marty. Ce sont pour lui des phénomènes pouvant évoluer vers la mort du sujet au même titre que de graves pathologies.


La dépression essentielle est un syndrome majeur en clinique psychosomatique dont le diagnostic est difficile, car il concerne quelque chose de subtil ayant trait au manque, au déficit dans la capacité d'expression émotionnelle et affective du sujet.


La pensée opératoire est une pensée sans lien avec une activité fantasmatique. Elle décrit des événements, énumère des faits, mais elles n'entrent pas dans l'histoire. Le sujet est capable de décrire les choses, mais sans pouvoir se les représenter. Il décrit des situations, mais n'est pas capable de dire comment il vit ces situations. Il y a une sorte d'absence du sujet dans ce qu'il expose.


On peut prendre le concept d'alexithymie pour caractériser ce dont il s'agit ici. On trouve dans l'Alexithymie des difficultés à exprimer, à communiquer, à décrire verbalement les sentiments. Il y a dans l'Alexithymie une incapacité à exprimer les affects de sorte que ne transparaissent pas vers l'extérieur les attitudes intérieures, les sentiments, les désirs, les pulsions…


Si d'aventure des émotions venaient à surgir entraînant colères et larmes, le sujet serait incapable de verbaliser ce qu'il a éprouvé. Il y a une pauvreté du discours qui se cantonne aux factuels et qui se caractérise par des détails répétitifs. Il y a chez ces sujets, essentiellement des plaintes au sujet de symptômes somatiques. Les émotions sous-jacentes à ces symptômes somatiques ne peuvent être ni communiquées ni verbalisées.


La symptomatologie de l'Alexithymie ne s'arrête pas là, mais ce qui a été cité permet de rendre compte du concept de pensée opératoire.


Pascal Patry

Praticien en psychothérapie

Psychanalyste


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